Je connaissais, comme tout le monde, son existence, son histoire, jusqu'à son exposition au public, mais plus grand chose depuis. Un désir de la protéger de ma curiosité a joué.

Un entretien au nouveau quotidien "l'Opinion" la met en pleine lumière, avec son plein accord. Je la découvre.

Sa vie l'a poussée à s'interroger, à se contempler, avant, et après sa propulsion sur le devant de la scène. Elle est devenue, logiquement, philosophe, professeur de philosophie. Tous les philosophes ne sont pas des enseignants au sens strict du terme.

Sa réflexion philosophique sur elle même colle à l'étrangeté de sa vie, en deux volets, avant, et après. L'ensemble a manifestement retardé son accès au statut de sujet, distancié de son histoire d'objet "des autres".

Si "sa" philosophie conserve des marques de son histoire, elle les a manifestement surmontées. Mais les hommes politiques sont troujours scrutés par son regard. Elle les voit, c'est ce que je ressens, comme des victimes d'un système, comme si leur ambition dévorante pouvait être absoute, leur recherche d'exposition, saine et "normale".

Je ne vois pas du tout François Hollande comme une victime. Son désir de retrouver sa place, sans que personne, se penchant sur les cinq ans écoulés, puisse imaginer ce qu'il y fera, est incompréhensible, hors de toute raison.

La méchanceté du monde médiatique, son côté manipulateur la choquent. C'est une drogue, oui, qu'il faut prendre jusqu'à l'assuétude, la dépendance. Elle ne dévore que l'esprit. Le corps suit. Sa jouissance le conserve.

Je me demande, d'ailleurs, si la politique, et l'homme politique, son support charnel, peuvent être des objets pour les philosophes. Je n'ai jamais été de leur avis, jusqu'à maintenant. Les hommes politiques relèvent plus de l'anthropologie et de la psychologie. Qui a été séparée de la philosophie, probablement, non sans raison.

Sceptique