Amazon, la firme américaine bien connue, par son dynamisme, surtout, pour sa composition, beaucoup moins, vient de lancer à Paris un service nouvau, Amazon prime. Il consiste en la possiblité de se faire livrer à domicile, en une heure, des produits alimentaires, y compris des  frais, à partir d'un lieu de stockage, pour le moment unique, sur la rive droite.

Le tout pour un prix imbattable, très inférieur aux prix courants dans les moyennes surfaces réparties dans Paris.

La Maire de Paris, Anne Hidalgo, est immédiatement entrée en guerre contre ce projet, au nom des intérêts des commerces indépendants, dont certains effectuent déjà des commandes parvenues par Internet. Mais à un tarif "normal", augmenté des frais.

Ce commerce parisien a déjà beaucoup souffert des opérations de "civilisation" de la ville de Paris, passée à gauche, dont l'obsession a été d'entraver la circulation à Paris, aux véhicules autres que ceux de la RATP ou des taxis parisiens.

Si le citoyen parisien s'est trouvé bien ce ce changement, tous les services privés assumés depuis les banlieues, livraisons, artisans divers, en ont systématiquement pâti. Le budget "contraventions" a été immédiatement salé.

L'aspect "libéral" du projet, son origine nord-américaine, ont fait sauter au plafond Madame la Maire de Paris. La liberté en économie n'est pas notre tasse de thé. Pour presque tous les français, même de droite. Nous avons un problème atavique avec la liberté. "Tout ce qui sera permis deviendra obligatoire" *

"Le libéralisme est un renard libre dans un poulailler libre." C'est en France que cet aphorisme a été inventé, et intégré à notre culture économique.

Le problème est que notre système économique est fondé sur la liberté surveillée, et rançonnée. Pour être libre, il faut payer. Beaucoup, à beaucoup de monde. "On" paye d'abord, on ne gagne que ce qu'il reste. 

À cet égard, Amazon, comme d'autres puissantes entreprises américaines, a une réputation sulfureuse. On ne sait pas où passe son argent, et où elle paye ses impôts.

Dans le projet qu'elle vient de lancer, elle n'emploiera pas, avec toutes les charges que cela comporte, des livreurs qu'elle aura équipés. Ce seront des travailleurs indépendants, propriétaires et gérants de leur scooter.

Comme le service sera gratuit pour les clients, sauf s'ils exigent une livraison en moins d'une heure, Amazon paiera aux livreurs un forfait, négocié avec chacun d'entre eux. Quelle sera leur capacité de résistance, dans le contexte de concurrence à prévoir? Faible. Calculer le juste prix, rémunérant le service, le carburant, l'entretien du scooter et son assurance, ne semble pas facile à un indépendant, non formé à la gestion.

Comment calculer la part des assurances sociales et de la fiscalité? Ces livreurs sauront-ils les évaluer, et pourront-ils les payer? La règle du pot de fer contre le pot de terre ne laisse pas entrevoir une juste répartition.

Ce sera un petit boulot de plus, permettant à des jeunes d'avoir l'illusion d'amortir leur deux-roues, de ne pas être à la charge totale de leur famille ou de la société.

D'un autre côté, taxer ou entraver abusivement cette "petite" activité, utile à Paris, serait retomber dans notre ornière nationale, celle de la suspicion préalable....à laquelle je contribue par ce billet!

Ce ne sera pas une panacée, c'est ce qui est sûr**.

Sceptique

* Dans les années 1960 et suivantes, la contraception, puis, l'IVG, allaient "vider les berceaux"!

**Cela fait partie du Système D (D comme débrouille), dans un pays en état de coma "vigile"(avec un zeste de conscience) économique. S'il y a un frémissement, un ralentissement de la dégringolade, ils ne touchent pas toutes les activités, tous les chômeurs.