C'est un billet en dernière page de l'Opinion, signé Guy Verhofstadt, qui me met "la puce à l'oreille". Pour la personnalité politique belge qui donne cette alerte, il appartient au gouvernement en exercice, celui de David Cameron, de notifier à l'Union Européenne la décision du Royaume Uni de quitter l'Union, afin de se conformer à un certain article 50 du traité européen concerné.

Il semblerait que cette notification n'a toujours pas eu lieu, et qu'une intention contraire, de ne pas enclencher cette procédure, a été déclarée par le Premier Ministre britannique.

Et que se passerait-il si le Royaume Uni ne faisait pas cette démarche officielle? Rien de ce qui se concluerait n'aurait de valeur légale, resterait "hors la loi". Plutôt incommode! De plus, les "droits" du Royaume Uni à participer à la vie de la communauté seraient intacts. "Il" pourrait, quand son tour arrivera, présider l'Union qu'il est censé avoir quitté.

On est cependant en droit de se demander si les gouvernements des états "continentaux" de l'Union se laisseraient mener en bateau indéfiniment, sans presser Londres de se mettre en conformité avec les traités.

Leur silence témoignerait d'une complicité avec Londres, qui aurait le beurre et l'argent du beurre, après avoir renvoyé la crémière chez sa mère.

Le désir de voir les anglais changer d'avis et revenir humblement dans l'Union, n'étant pas majoritaire, l'opinion et les États qui la représentent ne se laisseraient pas tromper indéfiniment.

L'observance de l'article 50 n'est, espérons-le, qu'une question de temps. Sa mise sous le coude serait une veulerie de plus.

Sceptique

Note du 27 JUIN 2016: Sur le site Telos, Daniel Vernet développe cette hypothèse d'une "mise sous le coude" des résultats du référendum, et d'un report sine die de l'application de l'article 50 du traité de Lisbonne. Tout ça pour rien??? Après tout, pourquoi pas? Ce sera le retour du fils prodigue!