"Elle" ne figure pas encore dans l'annuaire des professions. Mais elle est bel et bien dans l'esprit de la majorité des humains, tous ceux, en tout cas, qui ont entendu parler du monde immense et fantastique qui nous environne.

C'est pourquoi j'ai placé ce billet dans la catégorie de "l'homme éternel", apte au rêve, au grandiose, à l'impossible.

Le bruit qu'a fait l'annonce de la probabilité d'une planète pouvant être comparée à la nôtre, orbitant autour de l'étoile la plus proche de notre système solaire, "seulement" 4,2 années-lumière, a immédiatement fait parler de l'envoi d'une sonde dans sa direction. Une sonde automatique bien sûr, car la vitesse du parcours de la sonde fait prévoir un trajet mesurable en décennies. La photo prise par la sonde reviendra plus vite, puisqu'elle bénéficiera de la vitesse de la lumière, mais les programmeurs du "clic" ne seront pas tous en vie.

Cette réalité du trajet n'empêche pas la description des charmes de la nouvelle destination touristique.

Son "soleil" est une naine rouge. Une étoile nettement plus petite et plus "froide" que notre soleil. "Sa" planète est plus près: 5% de la distance Terre-Soleil (150 milllions de kilomètres), et elle en fait le tour en 13 jours.

Les spécialistes du tourisme inter-stellaire ne sont pas optimistes. Si la masse de la planète lui permettrait de retenir une atmosphère et de l'eau, il n'est pas possible d'en avoir la certitude à cette distance, qui ne permet pas, d'ailleurs de voir la planète, dont l'existence est déduite de signes indirects.

D'autre part, la faible distance entre l'étoile et sa planète fait supposer, logiquement, des "effets de marée", qui ont synchronisé la vitesse de rotation propre de la planète et la durée de son orbite autour de "Proxima du Centaure". Elle offrirait donc toujours la même face à son "soleil", comme notre Lune offre la sienne à ses amoureux terriens. Ce qui ne peut que rendre invivable chaque face. Malgré des températures "estimées" de +30° sur la face éclairée, et de -30° sur la face dans l'ombre permanente*. 

Me voilà "briseur de rêves", "rabat-joie", et tout et tout.

Je l'avoue. Les pas de l'homme sur la Lune ont été une réalisation extra-ordinaire. Les robots sur Mars, encore plus, nous confirmant que la planète, froide et sèche, sans atmosphère digne de ce nom, n'est vivable pour aucun être. Je trouve fous", "criminels",même, les projets d'y faire aller, sans retour, des hommes, certes fous d'avoir ce désir. Mais de ce côté ci de l'aventure, il ne nous viendrait pas l'idée de laisser faire les suicidaires. Il y en a un certain nombre chaque jour, qui ont caché leur projet, ou qui ont surpris les témoins. Un nombre plus grand est sauvé à temps par la solidarité humaine.

Il n'est pas pensable d'aller plus loin, soit vers Vénus ou Mercure, trop chauds, ou vers Jupiter et ses satellites, trop froids. Nos engins automatiques nous aprennent beaucoup de choses. Il faut s'en contenter!

Sceptique

*Ces valeurs estimées prennent en compte l'existence possible d'une atmosphère, aux propriétés comparables à la nôtre. Mais possible n'est pas certaine!