L'élection à la Présidence de l'Iran du religieux modéré Hassan Rohani a permis le rétablissement d'un dialogue entre l'Iran et ses ennemis jurés (de part et d'autre), les américains, au premier rang, leurs comparses "de fait", tous les états occidentaux, dont la France.

Le contentieux portait sur le programme nucléaire de l'Iran, dont le volet militaire, soupçonné, mais, bien sûr, nié, constituait un grave danger de guerre....mondiale. Du côté du bloc occidental, on redoutait que l'État d'Israël, présumé capable de le faire, n'hésiterait pas à frapper préventivement l'Iran par le même moyen, s'il évaluait l'Iran trop près de la réalisation de son projet, disposer de l'arme nucléaire, et du vecteur capable de frapper l'État juif.

Le "grand oeuvre" des responsables occidentaux consistait à persuader le pouvoir iranien, entre les mains d'un modéré soucieux d'ouverture, de levée d'embargo, de rétablissement d'une économie asphyxiée.

Mais le Président Rohani avait dans son dos, et a toujours, une "minorité" qui reste puissante, celle des religieux conservateurs, sans vrai désir de détendre les relations avec un Occident dominé par les États Unis, et soutien indéfectible d'Israël.

La réalisation, laborieuse, d'un accord, a mis en joie la population iranienne, ses commerçants, et ceux de l'occident, prêt à fournir à l'Iran tout ce qu'il lui fallait pour rénover ses divers équipements, vieillis, privés de pièces de rechange, depuis des années.

Elle a aussi fait entrevoir à tous les exilés, ayant fui le régime obscurantiste, continué à vivre et à travailler dans les pays occidentaux, nord-américains et européens, et acquis leur nationalité, la possibilité de retrouver leur pays, leur famille.

Mais l'Iran ne reconnait pas la double nationalité. Les exilés restent iraniens, quel que soit le nombre d'années d'exil, et sont présumés coupables d'actes hostiles envers leur patrie, et surtout Sa Vérité.

Plusieurs exilés se sont retrouvés en prison peu de temps après avoir débarqué, dont Madame Homa Hoodfar, Professeur d'Anthropologie à l'Université Concordia de Montréal, retraitée, mais toujours curieuse et active. Elle s'est précipitée dans les bibliothèques de Téhéran pour nourrir ses recherches....sulfureuses.

Madame Hoodfar a du caractère, mais une mauvaise santé, et la pression des gardiens de la bonne pensée n'a pas de limites. Sans informations, sans le droit de faire parvenir à Madame Hoodfar ses médicaments, ses amis et parents tremblaient pour sa vie. Dans ces cas là, il vaut mieux confier aux diplomates les négociations indispensables.

Qui ont heureusement abouti. Madame Homa Hoodfar a été libérée hier matin. Sa santé ne semble pas altérée, son humeur, non plus. Un bon point pour tout le monde, en particulier les négociateurs québécois.

Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.

Sceptique