Si vous pensez qu'il s'agit de la liberté de se syndiquer, en adhérant et en cotisant au syndicat de son choix, vous n'y êtes pas. 

Elle existe, indubitablement, mais "une liberté syndicale", ce n'est pas ça. C'est un acte délictueux au regard de la loi générale, qui cesse de l'être s'il est accompli dans le cadre d'une action syndicale, grève, manifestation, action de protestation.

Ainsi, dans l'affaire de l'intrusion de salariés d'AIR FRANCE dans une salle de réunion, d'actes de violence physique sur la personne du DRH, et d'autres cadres, les contraignant à fuir, à être arrachés des mains de leurs agresseurs, d'être "exfiltrés" par d'autres, en les hissant au dessus des clôtures, dans ce qu'il leur restait de vêtements, le tout, filmé, et diffusé par les médias audio-visuels du monde entier,  tous ces actes s'inscrivent dans les libertés syndicales.

C'est l'argument central du syndicat impliqué dans l'affaire, non comme donneur d'ordre, mais comme caution "morale".

Je ne pense pas que le syndicat aurait la même position en cas de meurtre. C'est un "dépassement" qui ne s'est, d'ailleurs, jamais produit. Ce qui donne à penser que les actes de violence sans blessures sont programmés à l'avance, et confiés à des camarades sûrs, réputés maitres de leurs nerfs. Peu c'est peu, trop, c'est trop, faut ce qu'il faut.

Une circonstance atténuante: la loi sur les syndicats, datant de 1898, ne dit pas un mot sur les actes qui relèvent de leur responsabilité. Il n'y a que l'acte législatif qui autorise leur création. La seule préoccupation du pouvoir législatif est le sort des finances des syndicats, leur bon usage, sans plus de précisions.

Pour le reste, ils sont donc présumés soumis à la loi commune. Trop restreinte, de toute évidence. D'où la tentation de l'écrire après-coup, de justifier les passages à l'acte de militants trop bien chauffés.

De même pour les finances. Elles sont présumées tomber du ciel. Et y retourner quand l'affaire est terminée.

"On" sait bien que les syndicats ont un fonctionnement permanent, qu'il ne peut être gratuit, que les cotisations des syndiqués, 8% en moyenne, ne pourraient suffire. Il y a des subventions de l'État, des missions payées, et des générosités des patrons qui achètent leur paix. Personne n'est en mesure de dire combien ça fait. Mais, apparemment, il n'y a aucune volonté, de part et d'autre, de changer quoi que ce soit à ce système opaque. Il le faudra bien un jour*.

Sceptique

*Les bases d'un assainissement me paraissent les suivantes: syndicalisation obligatoire, nécessaire pour bénéficier des avancées obtenues ou approuvées par son syndicat. 

Ajout du 28/09/2016: Le Courrier Picard rapporte une affaire comparable, de "lampistes" poussés à la faute, sous la forme d'un incendie de palettes et de pneus au beau milieu de la gare d'Amiens, pour appuyer la lutte contre la loi travail. Le résultat: de gros dégâts, que les incendaires, en plus des peines de prison, devront rembourser...de leur poche. Les donneurs d'ordres, très vagues, "d'intensifier la lutte", sont restés anonymes et ne risquent rien.Un avocat, évoquant les condamnés, a parlé de chair à canon.