C'est la question que pose "Le Monde" arrivé ce matin. À l'appui d'une enquête du journaliste Arnaud Leparmentier, qui a interrogé tous les penseurs renommés de notre époque. Leur condamnation est quasi unanime. La droite n'a pas de grandes idées.

Je le reconnais, mais la situation réelle permet-elle des plans sur la comète? Au "saignare, ensuita purgare" de la gauche au pouvoir, aux conséquences qui sont déjà évidentes, et qui s'aggravent de semaine en semaine, les compresses et le garrot sont les moyens de premier secours. La transfusion, en second. Les donneurs sont rares et anémiques. D'abord sauver le soldat France, avant de le renvoyer au front.

J'use habituellement d'une autre image, celle du train et de sa locomotive. Pour que le train puisse sortir de la gare, il faut qu'il soit tiré par une locomotive en état de marche. L'est-elle?

Que ceux qui le croient lèvent le doigt! À part les plate-formes américaines qui ventilent les produits "made ailleurs", il n'y a pas d'entreprises de main d'oeuvre qui se bousculent au portillon.

Au point que ceux qui rêvent d'une économie entièrement étatisée, sentent le bon moment de la placer dans les esprits.

Il y a encore des vivants qui n'ont pas perdu la mémoire et qui font de la résistance. Mais leur nombre est forcément en baisse constante. Et les jeunes diplômés qui savent qu'on vit mieux ailleurs, partent tenter leur chance à l'étranger.

Non, il n'y a pas de place pour des grandes idées dans le paysage politique français. Il n'en a que pour les soins d'urgence, l'arrêt du saignement, le rapetassage, les rustines. Les français n'en demandent pas plus. Même l'idée européenne, qui en était une, est à jeter à la poubelle pour près de la moitié d'entre eux.

La première étape sera de sauver le pays, le débarrasser* de ses maux. Il est fragile.

Sceptique

*Il y a divers projets thérapeutiques, des violents, des doux, des fermes. Les français choisiront. Il est normal que les intellectuels rêvent. Pour le moment, ils en ont les moyens.