La récente primaire des écologistes, devant désigner le candidat, ou la candidate, à l'élection présidentielle, a éliminé Cécile Duflot, la plus connue, en bien ou en mal, de ce mouvement. Ceux et celles qui ont été préférés se sont vus portés au sommet du mouvement. Ce qui les caractérise, c'est qu'ils n'ont jamais participé aux gouvernements de François Hollande. Ils sont purs de toute compromission avec les....compromis inhérents à toute politique démocratique.

La plus jeune, et donc la plus pure, a insisté sur ce principe de pureté. L'action écologique doit être uniquement fondée sur les nécessités d'inverser la marche de l'humanité. Jusqu'ici vers plus d'abondance, de qualité de vie, de confort, de liberté et de moyens de parcourir le monde, de prolongation de la vie, d'évitement des maladies mortelles ou douloureuses. Pour résumer, effacer, abolir, les pouvoirs que la nature détient encore sur la partie qui lui échappe de plus en plus, l'humanité.

L'écologie, faisant le constat que le désir humain va à l'encontre de l'indifférence de la nature, et oblige cette dernière à lui servir en premier la plus grosse part, entend mettre fin à cet anthropo-centrisme, et ramener l'espèce humaine dans les limites qu'elle n'aurait jamais du franchir.

La seule chose qu'elle sait ne pas pouvoir faire, c'est effacer les savoirs accumulés, qui ont permis aux hommes d'échapper au contrôle de la nature, tel qu'il s'exerce pour les autres espèces, "peu c'est peu, trop c'est trop, il faut ce qu'il faut". L'homme doit renoncer à tout ce qui lui permet de prélever sur la nature, ou à la forcer de le lui fournir, plus que ce qui lui est indispensable

Ce sera en toute connaissance de cause que l'humanité devra cesser de prendre toute la place qui lui convient, de produire tout ce qui lui plait de posséder ou de consommer. Il est évident, pour les tenants de ce constat, qu'il n'y a aucune discussion possible, ni sur le contenu, ni sur les moyens d'y parvenir. Si l'humanité ne se soumet pas à cette Vérité, les moyens de l'y contraindre devront être employés, sans scrupule. Il en va de l'avenir de la planète et de ce qu'elle porte. Débarrassée du fardeau de l'humanité, telle qu'elle a évolué depuis des millénaires, elle pourra se reconstruire. Les aléas qu'elle subira ne seront que naturels, jusqu'à la fin du soleil qui a permis tout ce qu'on sait. S'il y a quelques témoins humains, assagis et simplement contemplatifs, ils assisteront à l'extinction des feux!

Pour parvenir à cet âge d'or, il faut commencer  à évaluer ce qui est indispensable et ce qui ne l'est pas. Nous avons survécu aux privations de la dernière guerre mondiale, nous devons donc pouvoir revenir aux conditions qui les ont causées. Celles que nous devrons atteindre seront bien pires, et nous n'y serons pas aidés par un occupant.

Il est donc logique de la part des écologistes de condamner un projet comme l'aéroport de N.D. des Landes, de nouvelles lignes TGV, de centrales nucléaires, de nouvelles autoroutes, de nouveaux canaux. Comme la condamnation des plaisirs attendus n'est pas populaire, "on" insiste sur le dérangement que ces travaux imposent aux autochtones de toutes espèces. Et si le peuple s'entête, on lui envoie les dragons, en blue-jean et cagoulés, leurs manches de pioche et leurs coktails Molotov.

Ce qui retire la qualification de politique à ces actions, c'est qu'elles ne tiennent pas compte des avis de ceux qui les subiront. Une Vérité l'emporte sur les opinions, ou les réflexes conservateurs. Le paradoxe observable, c'est que, si l'évaluation de l'opinion la donne comme chaleureusement favorable à la doxa écologique, elle n'a plus la même popularité dans les sondages anonymes et les élections nationales. Les scores des candidats à l'élection présidentielle, celle qui donnerait un pouvoir réel, trahissent l'opinion réelle: "Encore un peu de temps, monsieur l'écolo!"*

Sceptique

* Ou madame....je suis un phallocrate incorrigible!