Mon titre étrange est le résultat d'une association d'idées, entre le douloureux problème du sous emploi en France, qui pèse sur la réputation du pouvoir politique, et une pratique de certains viticulteurs, pas les meilleurs, dont on dit "qu'ils font pisser la vigne".

Les derniers chiffres du Ministère du Travail sont une diminution de 66.000 demandeurs d'emploi de catégorie A. Ce qui veut dire que ce nombre de chômeurs incrits a trouvé un emploi et a travaillé pendant la période considérée. 

Sur un total de trois millons et demi de demandeurs d'emploi recensés, soit une baisse de 1,09%.

Immédiatement, les membres du pouvoir, du Ministre du Travail au Président de la République, en passant par le premier Ministre Manuel Valls, et les personnalités du Parti Socialiste, ont attribué ces chiffres à la politique économique qu'ils mènent depuis près de trois ans (2014).

La plus importante question qui puisse bénéficier de ces bons chiffres est celle de la candidature du Président François Hollande à sa propre réélection. Même si sa popularité est au plus bas, il ne cache pas qu'il n'est pas disposé à passer la main à l'opposition de droite, ni à celle qui est à sa gauche.

Les graves erreurs, les inactions, les confidences indignes d'un homme d'ÉTAT, faites à des journalistes privilégiés, ne semblent pas entamer la haute idée qu'il a de lui et de son oeuvre. 

Au fond, il ne croit pas pouvoir gagner autrement que grâce à une situation électorale particulière, non impossible: être au deuxième tour avec comme rivale la Présidente du Front National, le parti populiste qui profite le plus de la "situation pourrie", tant en France que dans l'Union Européenne.

Il pourrait alors compter sur un "Front Républicain", constitué par tous ceux qui se résigneraient à voter pour lui, plutôt que laisser Marine Le Pen devenir présidente de la République.

Il ne mesure pas la différence entre la situation d'aujourd'hui, et celle de 2002, qui vit le duel, au deuxième tour de la Présidentielle*, entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen, leader du Front national à l'époque.

En difficulté au premier tour, Jacques Chirac fut élu avec près de 80% des voix, grâce au "front républicain", formé par les électeurs de toute la gauche.

Depuis cette époque, le Front National a pris des forces, a gagné la confiance des couches populaires, a progressé en compétence, sans pour autant renier ses obsessions, l'immigration, la forte présence d'immigrés musulmans.

Et ce n'est pas le sentiment pro-européen qui pourra venir au secours du candidat orthodoxe sur ce sujet.

En pariant sur cette configuration électorale, en négligeant la force, pas encore rassemblée, de la droite républicaine, le Président François Hollande choisit la politique du pire. Du pire orgueil, pour être précis. Tout ça pour ne pas être sanctionné pour ses fautes, et être élu par défaut.

Après 2002, le Président Jacques Chirac, très bien réélu, continua à ne rien faire, ou à renoncer face aux révoltes catégorielles. 

Après 2017, si le Président François Hollande est réélu dans les mêmes conditions, il ne fera ni plus, ni mieux que pendant son premier quinquennat, et il pourrait bien emmener la France vers une nouvelle révolution, ou une guerre civile, dont nous n'avons pas besoin, ni rien de bon à attendre.

Il ferait pisser le sang, pas la vigne!

Sceptique

*Le deuxième tour de notre élection présidentielle n'admet que deux candidats, les deux premiers du premier tour (dont le nombre de candidats est difficilement limité, malgré les conditions de candidature. Elles ne doivent pas trop restreindre l'expression démocratique.)