Hier soir avait lieu, sur BFM-TV, le deuxième "grand show" des sept candidats à la primaire de la droite et du centre.

La soirée a été nettement plus animée, mais finalement plus intéressante que la première, qui avait été consacrée à le présentation des programmes. 

Celle d'hier soir a davantage mis en relief les relations personnelles de chacun avec les autres. Sauf pour Jean-Frédéric Poisson, le candidat chrétien-démocrate, qui n'en avait apparemment aucune.

Alain Juppé a été attaqué, à l'initiative de Nicolas Sarkozy, sur sa relation avec François Bayrou (à ne pas confondre avec François Baroin!). Il est vrai que le leader du Modem a une relation ambivalente avec la droite "gaulliste", faite de rivalité de fond, et de réconciliations opportunistes. Les partenaires gaullistes changent selon la nécessité. La relation particulière entre Bayrou et Sarkozy semble définitivement mauvaise, et, pour le second, "les amis de mon ennemi* sont mes ennemis".

Alain Juppé s'est défendu habilement et fermement. Il n'épouse pas la querelle de Sarkozy. S'il gagne la primaire, et probablement accède à la Présidence de la République, la victoire sera la sienne et celle de son programme. Il n'a fait aucune promesse (ministérielle) à François Bayrou.

Les autres duels, à fleuret moucheté, ont participé à l'animation de la soirée. Après tout, ils sont rivaux pour un poste unique, et chacun, et chacune, se considère comme la personne adéquate. 

Un seul n'est pas entré dans ce jeu, François Fillon. Son silence a fini par intriguer une des journalistes affectées à l'usage du fouet. Il a alors pris la parole pour parler de son projet. Les querelles de personnes n'en font pas partie. Il ne s'est défendu qu'à propos d'une Nième attaque contre la réduction des effectifs des forces de poilce, rendue nécessaire par la crise financière de 2008. Il a récusé tout lien entre l'efficacité des polices et les effectifs. Les dépassements de temps étaient payées en heures supplémentaires. Il a critiqué, entre autres arguments, l'utilisation de policiers pour des tâches administratives ou des gardes statiques.

Mon impression d'ensemble est plutôt bonne. Si les échanges ont été vifs, ils ont été contrôlés. Nicolas Sarkozy a été particulièrement mesuré. Il n'était pas en meeting, et ne l'a pas oublié. 

Alain Juppé a sûrement consolidé ses chances. François Fillon, aussi. Mais les autres n'ont pas été mauvais (entre eux et pour eux). Leur débat me laisse une impression agréable.

Sceptique

*L'appel de Bayrou en faveur de Hollande en 2012 ne passe pas. Ce qui a suivi n'est pas en faveur du leader du Modem. Il ne s'en remet pas, non plus.