Pour l'intéressé, ça ne sera pas une surprise. Depuis des mois, il récuse, car sans valeur, les sondages qui classent les candidats à la primaire de la droite et du centre. Il déduit de son audience, de la fréquentation de ses "meetings", des retours des lecteurs des documents qu'il met en ligne, qu'il est mieux classé que ses rivaux.

Mais ses évaluations n'étaient jamais reprises par les médias, qui s'en tenaient aux sondages qui leur étaient livrés.

Les deux premières émissions, rassemblant et confrontant tous les candidats de la primaire de la droite et du centre, la première par TF1, la seconde par BFM-TV, ont mis en relief le traitement différent par les téléspectateurs et les journalistes, des prestations des candidats. François Fillon a été distingué comme le meilleur, le plus convainquant. Les sondages ont chiffré sa montée, de trois à quatre points par séance.

Hier, la lettre du Point proposait un sondage "minute" à ses lecteurs. Désigner celui pour lequel ils voteraient s'ils participaient au premier tour de la primaire. Le résultat global n'apparaissait qu'après le vote. Surprise, François Fillon était placé en tête, à plus de 31%, devant Juppé et Sarkozy.

J'ai, depuis, passé le podcast de son entretien avec les journalistes de France Inter et du Monde. Solide, sûr de lui, et confiant en sa présence au deuxième tour de la primaire. Avec, selon le sondage de la Lettre du Point, un avantage sur Alain Juppé.

François Fillon affiche cette confiance depuis bientôt cinq ans, Juillet 2012, selon mon souvenir, lorsqu'il est passé par le chef-lieu de mon département, et a annoncé qu'il préparait sa candidature et son programme pour 2017. Il n'avait aucun doute, quelques semaines après la prise de pouvoir de François Hollande, sur son échec prévisible. Je n'en avais pas non plus, et j'ai placé sur lui ma confiance.

Je n'ai jamais été sceptique à son sujet, mais je doutais des électeurs, pas indulgents, mais peu perspicaces.

Il aura du mal à faire accepter son traitement de choc, mais son caractère, son goût du risque, sont hors du commun.

"On" disait que les français n'accepteraient jamais autre chose que d'être dorlotés. Il semblerait que c'est faux, qu'ils peuvent être convaincus de la nécessité d'une réaction à la chute.

La prochaine étape sera de le porter à la présidence de la République.

Sceptique