Conservateur, ultra-conservateur, tels sont les épithètes proposés depuis Dimanche, pour définir François Fillon, en tête du premier tour de la primaire de la droite et du centre.

Le "Monde" édité hier après-midi, utilise l'adjectif. La presse québécoise aussi. Ses positions à l'égard d'une partie de la loi Taubira peuvent être qualifiées ainsi, si on tient pour rien le bouleversement sociétal que constitue cette loi, inutile autrement que pour nier les différences, les abolir dans le langage et les lois.

Elle a nécessité la suppression, au moins pour l'acte nouveau du mariage-pour-tous, des termes père et mère. "On" est parent1, ou parent2, s'il y a des enfants, adoptés, ou obtenus par PMA(couples de femmes), ou GPA(couples d'hommes).

Si la procréation médicalement assistée est admise et courante en France, la grossesse par autrui, une femme "porteuse", est interdite. Il faut donc que les "FFG"* passent commande à l'étranger, et ramènent la progéniture en France. L'obstacle juridique à sa déclaration à notre État Civil a été contourné par une simple recommandation aux juges d'accorder une existence juridique à ces enfants....présumés nés...des amours de deux hommes.

François Fillon veut explicitement mettre fin à cette facilité. C'est, en fait, le seul trait conservateur qu'on peut lui attribuer. C'est une position de principe qui fait porter par l'enfant la responsabilité d'être né de cette manière. Je ne doute pas que cette impasse sera reconnue par l'homme politique.

Puisqu'il y a délit de la part des adultes, une sanction financière sera justifiée, une peine de prison avec sursis, également, pour dissuader de la récidive. Mais, en tout état de cause, l'attribution d'un état civil au nouveau-né.

À côté de ce problème très particulier, le candidat à l'élection présidentielle n'aura sûrement aucun esprit conservateur. Les multiples handicaps que des décennies de socialisme, à chaque occasion,  ont semé dans notre économie, notre enseignement, notre science, notre fonction publique, devront être soigneusement triés. Les aspects dissuasifs de la fiscalité, de même. Son projet est clair: libérer l'activité, l'investissement, la recherche, pour qu'ils créent des emplois, de la production, de l'exportation. Réparer la locomotive, pour faire circuler le train. Qu'il reste en gare ne peut être un idéal.

Taxer le travail en fin de chaine, par le moyen de la TVA, est à première vue plus productif qu'assommer l'entrepreneur. Au regard de la situation actuelle, l'adjectif "conservateur" ne convient pas.

Rêvons un instant qu'aucune action de la rue ne parviendra à empêcher la réalisation de cette relance non keynésienne, il sera alors permis de voir le bout du tunnel.

Sceptique

* FFG: faisant fonction de géniteurs.