Elle n'est, bien sûr, pas miraculeuse, mais quand même surprenante, vu le niveau de pénétration de son programme dans l'esprit des français, il y a encore quelques semaines, seulement. 

"Il" disposait de quelques centaines de fidèles, associés à la tâche de la préparation du programme, et à sa diffusion auprès de quelques milliers d'autres convaincus, dès l'été 2012 des mérites et de la volonté de l'ancien Premier Ministre de Nicolas Sarkozy.

Lui seul faisait l'inventaire de cet épisode particulièrement stable de la vie politique. "Il" avait tenu cinq ans cette place essentielle, mais ingrate.

Il avait été "blousé" par Jean-François Copé et sa jeune garde, lors de l'élection du Président du Parti UMP, outil majeur pour la suite, la désignation comme candidat à la Présidence de la République par les instances du Parti.

Il avait du, alors, former son propre mouvement, mais il gardait un pied dans le bureau politique de l'UMP.

Ces presque cinq ans ont été utilisés à maintenir sa présence médiatique, son activité de parlementaire, et à élaborer un programme ambitieux à mettre en actes en 2017, sous réserve d'accéder à la fonction de Président de la République.  À laquelle il y a beaucoup d'appelés, mais un seul élu.

Ses régulières interviews accordés aux journalistes connus pour leur férocité, étaient disponibles sur son site. Elles témoignaient de la constance et du sérieux de leur élaboration, de l'absence totale de toute séduction. Les potions étaient amères, la chirurgie douloureuse. Mais leur nécessité était évidente.

C'est lui qui a tarabusté le parti, pour lui faire accepter le principe d'une primaire, inspirée de celle de la gauche. Ses "amis", et néanmoins rivaux, se voyaient aussi à cette prestigieuse place, en particulier Jean-François Copé, Président de l'UMP, qui s'appuyait sur l'histoire récente, pour se la voir réservée, de droit.

L'affaire "Bygmalion" a porté un coup sévère au rival. Mais le retour d'un Nicolas Sarkoy aux dents longues a remis au zéro le compteur de la présidentielle de 2017. Bien qu'élu Président du mouvement (J.F. Copé ayant du démissionner), l'ancien Président de la République avait dû accepter le préalable des primaires. Personne n'avait cédé à ses mises en doute.

La suite est encore fraiche dans les mémoires, la sélection des candidats par le système des parrainages, des parlementaires, et des militants.

L'idée d'émissions présentant, et confrontant, les candidats admis à concourir, est une offre des chaines participant à l'information, TF1, France 2, et BFM-TV. Je n'ai vu nulle-part qu'elles auraient été suggérées par les intéressés. Mais "ils" s'y sont prêtés, convaincus qu'elles leur seraient utiles, en raison de l'audience de ces chaines.

Elles eurent lieu, l'une après l'autre, et, à chaque fois, il apparut que François Fillon était à la fois le plus réservé, le plus serein, le plus convaincant. Et les sondages languissants qui le concernaient s'inversèrent.

Dès avant la troisième et dernière, la cote de popularité de l'ancien Premier Ministre était "dans le vert".

Le résultat de la primaire, qu'il termine avec les deux tiers des voix, consacre, à mes yeux et à ceux d'autres, comme la journaliste Arlette Chabot, le rôle essentiel de ces grandes opérations de télévision.

Personne, à l'avenir, n'aura intérêt à l'oublier. D'autant moins que leur résultat se fonde sur la qualité des candidats et de leur programme, et non sur leur qualité d'acteurs.

Sceptique