Le grand changement culturel qu'est la méfiance envers les sciences et leurs offres à l'homme, leur inventeur, trouve sa meilleure traduction au Ministère de l'Agriculture.

Cette activité humaine, "primaire"* a été la dernière servie, lors de l'explosion des applications de la chimie, au dix-neuvième siècle, et maintenant, c'est la première à s'en voir privée.

L'agriculture et l'élevage, inventées et adoptées par l'homme il y a dix bons millénaires, ont sauvé l'humanité de la pénurie alimentaire. Avec l'augmentation régulière de son expansion, la chasse et la cueillette ont atteint une limite, et une disette durable a affecté notre espèce. Ces activités, encore qualifiées de primaires par nos statisticiens, ont été adoptées avec une certaine lenteur. Notre monde n'avait pas, alors, les moyens de communication dont nous sommes aujourd'hui "accrocs".

Ce progrès a largement contribué, jusqu'à nos jours, à la prolifération de l'homme. Mais pas seulement.

La concentration de nourriture, végétale et animale, n'a pas déplu à d'autres consommateurs que l'homme. Les "pestes" n'ont pas tardé à se servir, souvent avant l'inventeur, car leur besoin de maturation n'était pas le même. Les hommes ont connu des famines malgré leur invention. Il leur a fallu réfléchir pour trouver les moyens de préserver leur part. C'est la chimie qui a apporté la solution, les "pesticides". Elle a aussi augmenté les moyens de "fortifier" les sols, de maintenir leur capacité à produire des récoltes abondantes et saines. Les rendements, entre les années 1930, et 1950, ont été multipliés par cinq.

Pendant longtemps, les engrais ont été naturels, à base des excréments des animaux, vite repérés pour ce pouvoir. Des humains, aussi, en Chine, dit-on. Mais, de nos jours, les engrais sont produits par l'industrie chimique.

Les "pestes" ont été aussi contentes que les paysans....mais pas longtemps! Les pesticides les contenaient.

Soixante ans plus tard, entre la hausse des rendements, la mécanisation de l'agriculture, et le regroupement des terres, les agriculteurs ne représentent plus que 4% de la population, et, malgré l'usage des jacqueries motorisées, leur poids politique, de plus, fragmenté, n'est plus ce qu'il a été, et, loin du front, les belles dames et les beaux messieurs de Paris, inventent tout ce qu'il faut pour les tracasser. 

La limite est leur capacité de se fâcher, et d'entrer dans les villes avec leurs tracteurs et autres engins motorisés. Ça fait réfléchir les tracassins, mais ils ont une obstination inventive.

Ne pouvant pas taxer, pour la raison qui précède, les agriculteurs, les gabelous du ministère se sont rabattus sur les fournisseurs, coopératives ou négociants indépendants, qui auront à payer une taxe, qui ne pourra être récupérée sur le client.

C'est, selon l'informateur que je relaye**, tout à fait illégal, et promis à la censure du conseil d'État. 

No comment!

Sceptique

*Les activités agricoles sont toujours classées ainsi par le droit du travail.

**Agriculture et Environnement(Gil Rivière-Wekstein)