Théoriquement, elle ne peut que l'être. Conçue, et mise en oeuvre, par le Général De Gaulle, dès son retour au pouvoir, ses moyens étaient disponibles avant la fin de son mandat, conclu par sa démission fracassante. L'ouvrage fut parachevé par ses successeurs Pompidou et Giscard d'Estaing. Mitterand en reçut l'héritage, encombrant, mais bien utile. Il ne me semble pas qu'elle passionna les Présidents suivants. Telle qu'elle était, reposant sur les bombardiers "toujours prêts", et les sous-marins lanceurs d'engins, à des détails près, elle n'a pas changé depuis, "officiellement". La discrétion est de mise, en la matière.

Il est vain de se poser la question de son utilité. J'ai envie de dire, l'existence de l'arme nucléaire entre les mains des principales nations du monde la rend inutile. Elle ne pourra plus jamais servir. Jamais, jamais. 

Ou, autrement dit, elle sert, par le simple fait d'exister. C'est la dissuasion.

Les nations qui ont fait, malgré leur pauvreté, l'effort d'investir dans la mise au point de la bombe A, n'ont pas forcément le vecteur sûr pour s'en servir. Elles savent, de plus, que la lancer dans une direction quelconque, entrainera une riposte de la part d'un état nucléarisé qui se sentira visé. L'imprudent sera le premier anéanti. Les "roulements de mécaniques",provocateurs, ne vont pas très loin, et c'est mieux ainsi. Il reste la fierté de l'avoir faite*.

Quant à la dénucléarisation généralisée, on en est encore loin. La rivalité et la méfiance réciproque des "gendarmes du monde" semblent des drogues addictives. "On" s'ennuierait dans un monde sans bombes. Les cinéastes seraient au chômage, les amateurs de science-fiction en mourraient.

Bon, tout ça pour dire que nos militaires aimeraient bien qu'on modernise notre force de dissuasion, qu'on travaille sur les parades aux sophistications des armements des rivaux. Mais aussi qu'on remplace les éléments les plus vieux de notre épuipement. Ça représente, parait-il quatre milliards de plus chaque année pour notre budget militaire, pendant vingt ans!

François Fillon, le premier interrogé, puisque le favori, a dit non. Le coup de pouce au budget militaire sera plus modeste, on verra plus tard, quand la situation économique le permettra.

Sceptique

*Le jeune fou qui tient les rênes de la Corée du Nord, va très loin dans la provocation et la forfanterie. Mais il ne peut ignorer ce qui arrivera à lui et à son peuple s'il passe les bormes.