Serge Biechlin, directeur de l'usine AZF lors de son explosion en Août 2001, va comparaitre seul lors d'un nouveau procès, le précédent, le condamnant pour négligences, ayant été cassé, pour doutes sur l'impartialité d'un des juges.

La partialité a fait son oeuvre dès l'enquête ouverte au lendemain de l'explosion. Le stock de nitrate d'ammonium aurait explosé à la suite d'une erreur de manipulation, qui l'aurait mis en contact avec un produit chloré.

"On" ne voyait, ni où, ni quand, ni par qui cette faute aurait pu être commise. L'hypothèse d'un pouvoir de déclencher une explosion du nitrate par un simple contact, n'a jamais été confirmée. Le nitrate d'ammonium n'est pas, par lui-même, un explosif. Il ne peut être qu'un composant d'un explosif, fournisseur d'oxygène (comburant). Les explosions du nitrate d'ammonium nécessitent:1)un incendie qui le chauffe et le dissocie, libérant de l'oxygène, intensifiant l'incendie. 2)un confinement qui rend possible une pression venant à bout de l'obstacle (coque de bateau, camion-citerne).

Rien de tel n'était possible dans les hangars ouverts d'AZF. De A, à Z, le scénario de l'explosion était faux. Il fut défendu contre l'avis des experts, et le premier procès aboutit à la condamnation collective de l'encadrement de l'usine. L'appel corrigea le premier jugement, acquittant les cadres au bénéfice du doute. La partie civile, les victimes, relancèrent l'action.

Une enquête partant sur une seule hypothèse, et ne visant qu'à la confirmer, a forcément négligé toutes les autres causes envisageables. Des particularités, comme l'intensité de l'enregistrement sismique associé à l'explosion, n'ont pas été prises en compte.

Je doute que l'enquête soit reprise "à zéro", car il est bien tard. La défense tient pour un accident, de nature inconnue, et donc à prendre ou à laisser. Celui que croyait tenir la première accusation était tout simplement impossible.

Cette part, conséquente, d'ignorance, est elle acceptable pour les parties? J'en doute. Mais pour approcher de la vérité, je ne vois pas d'autre manière que de repartir de zéro*.

Sceptique

*Je vois des similitudes entre ce désastre et ce que les soviétiques ont observé sur le site de la Tougounska, en Sibérie. Les arbres étaient couchés sur des kilomètres autour d'un point d'impact, comme les rayons d'un cercle. L'hypothèse la plus solide était l'explosion en altitude d'une météorite, et l'onde de choc conséquente. Plus récemment, la dislocation d'une météorite au dessus de Tcheliabinsk a fait quelques dégâts au sol par la seule onde de choc. Ce phénomène naturel est très rare, sa probabilité étant faible, à laquelle s'ajoutent les superficies des océans et des déserts de notre terre.