Le Président de la République s'est cru obligé de protester contre les soupçons de partialité du Parquet Financier, évidente pour la victime, François Fillon, et pour un bon nombre de français éclairés. 

Qui ne sait que nos procureurs ne sont pas considérés comme des juges, ailleurs qu'en France? La CEDH, mal aimée en France, ne cache pas sa réprobation. Mais notre pouvoir exécutif tient à garder une main sur notre justice, par le truchement de ses procureurs, qu'il entend pouvoir lâcher sur ses contradicteurs ou dérangeurs. 

Il ne bouge donc pas, à la réception des mises en demeure de l'institution européenne.

Quant au Parquet Financier, d'une utilité incontestable, comme création de notre Garde des Sceaux Christiane Taubira, il a été confié par sa créatrice à des gens sûrs. Il s'en est fallu de peu pour qu'il intervienne avant la parution du Canard Enchainé. Le mur du çon a été franchi.

Comme les faits reprochés à François Fillon sont légaux, qu'on apprécie ou pas, aucune condamnation n'a jamais été à craindre. Mais le cinéma judiciaire a des chances de suffire à retourner l'opinion et à faire tomber le téméraire. 

Les calculs sont vite faits: la droite éliminée préventivement, la victoire du chouchou de François Hollande est assurée, ne serait-ce que par un Front Républicain, auquel beaucoup de monde se ralliera.

Quand François Hollande s'empresse de rappeler l'indépendance de la justice, il se moque du monde. Le "siège", oui, le Parquet, non.

En cas de succès de l'opération, le Conseil Constitutionnel aurait le pouvoir de reporter l'élection, dit-on. 

Sceptique

*François Hollande doit penser que tout retard prolongeant son mandat avantage la gauche.