Parmi les scandales remis dans sa vitrine par la Cour des Comptes, figure l'Écotaxe, ses compteurs, et ses comptes.

Et ses responsables, Ségolène Royal, Ministre de l'Environnement, et son patron, son ex, le Président François Hollande.

Quant aux ex-futures victimes, il y avait les transporteurs indépendants nationaux, qui grouillent un peu partout, et jouent les globules rouges, transportant où il faut "l'oxygène" de l'activité économique d'une région. Ils pouvaient, d'ailleurs, être en même temps que transporteurs, des entrepreneurs des plus divers, opérant sur un territoire principalement rural. Comme le breton. Traînant, depuis des siècles, des doutes sur le maître lointain, l'État français dans tous ses états, Royal, puis Républicain.

Du côté du dit État, la passion était devenue "écologique", dont l'âme est le principe de la nuisance humaine. Surtout depuis qu'elle s'est amplifiée avec le moteur à explosion sous toutes ses formes. 

La passion est toujours totalitaire. On aime, ou on n'aime pas, sans nuance, sans partage de son coeur, sans influence de sa tête. Une passion ampute la raison. Jusqu'à l'annuler. Celle qui est ici en cause classe les hommes selon leur participation à la nuisance. La nécessité n'est pas une excuse.

C'est pourquoi, le réseau de portiques compteurs étant prêt, les transporteurs bretons furent choisis comme testeurs du système. Sans tenir compte de la situation économique délicate que traversait l'ensemble de la Bretagne. Son activité principale, l'élevage intensif des porcins, son écoulement, sa transformation, était en crise. Il y avait des faillites et des fermetures dans ce secteur.

L'écotaxe fut une des étincelles qui embrasèrent la Bretagne. La jacquerie, maintenant motorisée, s'était mise en marche. Paris fut stupéfaite, les bras lui en tombèrent.

On connait la suite, la marche arrière toute, l'abandon définitif de la mesure, de ses outils, l'indemnisation des installateurs, le reclassement prioritaire de leurs salariés. Tout ça était de l'argent foutu, une fois de plus.

Le principe pollueur-payeur est beau...comme un camion, comme diraient les enfants. Les camionneurs, y sont pas beaux, y sont pas gentils, mais il faut les avoir mis en colère pour s'en apercevoir. Hélas, j'y pense, et puis j'oublie. 

Manifestement, dans cette affaire, ces camionneurs n'étant pas des "travailleurs", selon la définition orthodoxe en cours, "on" n'a pas pensé qu'ils pourraient se fâcher.

Ce cas particulier se place dans une situation générale préoccupante, la perte de confiance et de respect envers l'action de l'État, quelle que soit sa couleur. Il est possible qu'il soit partial envers la part de la population qu'il ne représente pas, et qui a, de ce fait, un vécu persécutif. Je crois plutôt que le peuple français ne veut pas participer posément à la réflexion politique, à ce que la politique doit avoir pour résultat, une harmonie de la société, un apaisement de ses tensions. On est toujours dans "la lutte des classes", et l'ennemi de classe, c'est "l'autre", autrement habillé, logé, possesseur d'une voiture différente.

L'écotaxe ne frappait que le transport laborieux, pas l'autre, le privé, indifférentiable, ou le vacancier. Madame Royal n'a pas tort en soutenant que l'abandon de l'écotaxe ciblée a été compensé par une taxe sur les carburants supplémentaire et générale, bien acceptée puisque générale et invisible. 

Y penser avant? Allons donc! Ce n'est pas gouverner, c'est sans visibilité, sans gloire!

Sceptique