Depuis que l'homme a la conscience de sa singularité, qu'il peut poser des mots sur lui-même et sur sa vie, il n'est jamais loin de maudire la planète qui est son domaine et sa prison, et, s'il scrute le ciel, c'est en partie pour y trouver le paradis où il pourrait, enfin, vivre heureux. Pas seulement comme fantôme sans os, destin promis pour faire passer la pilule.

De progrès en progrès de sa connaissance de l'univers, IL a commencé par vérifier que toutes les planètes qui tournent aussi autour du soleil, sont, elles, totalement invivables, alors que sur notre terre, à peu près partout, l'homme s'est arrangé avec les duretés de la nature. 

Plus récemment, grâce à la connaissance diffusée à l'ensemble du globe, des peuples entiers rêvent de déménager vers les plus agréables quartiers de la terre, ceux, justement, où vivent et gémissent depuis toujours, nous mêmes.

Bien avant ce problème contemporain, la connaissance de l'univers, toute partielle et imprécise qu'elle est encore, nous a fait imaginer des paradis vers lesquels les audacieux pourraient émigrer. Créer le prospectus touristique a été stimulant. Il commence à se garnir, mais jusqu'ici, il nous fait faire la gueule.

La dernière trouvaille* est une collection de sept petites planètes tournant autour d'une petite étoile peinant à produire lumière et chaleur.

Mais sur sept, se disent les candidats à l'exil, il doit bien y en avoir deux ou trois pourvues de ce qui nous est indispensable: de l'eau, à l'état liquide (le solide et le gazeux ne sont pas suffisants), et une atmosphère respirable, contenant de l'oxygène. 

Encore quelques efforts des astronomes vers une connaissance plus précise, et, si elle est rassurante, il sera possible de concevoir l'engin capable de transporter quelques privilégiés vers une destination...plutôt lointaine.

La distance qui nous sépare de ce présumé paradis (grâce, on l'espère, à l'absence d'hommes) est de... 39...années lumière. "On" l'avait d'abord évaluée à 40 A.L. Un gain d'une A.L., on ne crache pas dessus. 

À la vitesse, très inférieure à celle de la lumière, que pourrait atteindre un engin apte à franchir une telle distance, le voyage durerait plusieurs dizaines d'années

Il y a des humains capables de l'imaginer. Je les admire! Il faut admettre que sans cette capacité de rêver, nous n'aurions jamais fait l'effort d'atteindre....ce niveau de nos connaissances de l'univers, encore très partielles, et, en grande partie, invérifiables.

Aller vérifier sans espoir, ni de découvrir un paradis, et encore moins de revenir dans l'enfer qui nous est promis, est le paradigme du rêve humain.

Mais, le rêve n'est pas une philosophie. 

Sceptique

* Une des principales motivations pour la connaissance de l'univers est la réponse à la question "sommes nous seuls, ou non?" Sans réponse jusqu'à ce jour, malgré les moyens mis en oeuvre. Mais il existe des milliards de mondes possibles, à des milliards d"années-lumière!