Il n'y a jamais de vraies répétitions de l'histoire. Nous sommes loin de la situation de Mai-Juin 1940, mais l'attitude d'un homme qu'on considère comme fou de résister, de refuser l'évidence, la défaite promise, qui fera la joie de l'Élysée, ne peut que nous apporter un air de déjà vu.

Je ne suis pas sûr que les protagonistes s'en soient rendus compte. On va dire que j'exagère. Oui, j'exagère, parce que je vois une répétition, non de la réalité, de l'intensité dramatique, dont j'ai le souvenir, mais des conduites des hommes. Et je ne peux m'empêcher de me souvenir que les choix "évidents" "à chaud", ne furent pas les bons. Le "croire" l'a emporté sur le savoir, la passion sur la raison, que d'habitude, je préfère.

Cette leçon a été oubliée par ceux-là même qui s'en réclament. Ils n'acceptent pas l'idée qu'en politique comme autrement, "bien mal acquis ne profite pas". Même bien enrobée, la tricherie finit par faire punir le tricheur.

La victoire espérée ne sera pas une question d'argent. Il n'est pas possible d'annuler celle de François Fillon en Novembre 2016, d'en fabriquer une, de bric et de broc, pour Mai prochain.

Dès le début de ce coup fourré contre notre candidat, je n'ai pas hésité à l'attribuer au Président sortant. C'est dans son style. Quelques passages de "Un Président ne devrait pas dire ça" en révèlent la capacité. Les démentis, les mains sur le coeur, font partie de la comédie, celle du pouvoir, justement. Son titulaire actuel a révélé une passion pour le militaire, trace de l'enfance, ni refoulée, ni oubliée. La parfaite synchronisation de l'attaque médiatico-judiciaire révèle un plan d'action. 

Mais nous ne sommes pas dans un "kriegspiel". Nous sommes dans la préparation d'une élection présidentielle, élément essentiel de notre démocratie, condition nécessaire, mais insuffisante, de son efficacité. Le coup qui lui a été asséné n'est pas "pour rire", mais pour faire mal, pour rompre un élan. On y est.

Il n'y a pas de divisions blindées, de bombardements, de "stukas" mitraillant les colonnes de réfugiés, mais les effets psychologiques ont quelque ressemblance. "C'est foutu" est le cri de trop de coeurs. Et pour beaucoup trop de galonnés, le dilemme est, "se rendre", ou "continuer le combat". Trop incertain.

Heureusement, la comparaison s'arrête là. Ni "stalags", ni "oflags", ni exil. On cherche quelqu'un de plus neutre, de plus gentil, de moins ambitieux, que sais-je. Il y a angoisse, mais pas bousculade. 

Ceux qui quittent le navire et son capitaine ne partent pas vers la doublure, non définie, et ne se proposent pas. Ils se mettent en disponibilité.

Dès qu'il a été question d'un "plan B", j'en ai pointé la vanité. Celui qui en tirera profit, c'est Emmanuel Macron. Inutile de se fatiguer, d'engloutir des millions d'euros.

Cette débandade fait mauvais effet, démolit la confiance, l'espérance en la fin des bêtises de la Hollandie. 

La solution est, et restera, de suivre et de soutenir celui qui continue le combat, François Fillon, plébiscité par les militants et sympathisants, lors de la primaire, sans faute.

Sceptique

*Comme c'est de la vieille histoire, le Massilia est le paquebot qui transporta à Casablanca les parlementaires rassemblés à Bordeaux, quand il fut évident que le gouvernement du Maréchal Pétain allait demander un armistisce à l'envahisseur allemand. Au même moment, le Général (à titre provisoire) Charles De Gaulle, partait à Londres dans l'avion de Spears, l'ambassadeur anglais auprès du gouvernement français.