La défection des "intéressés", ceux qui attendaient quelque chose pour eux de la victoire de François Fillon, ne m'affectait pas, ne me surprenait pas.

Mais celle de ses plus fidèles, les irremplaçables , qui se sont lancés dans la reconquête depuis cinq ans, c'est le coup de grâce. Pour lui, pour moi. Il ne peut aller jusqu'au bout tout seul, sans armée, sans intendance, sans "train des équipages". On le dit, "ébranlé", s'accrochant au test de popularité du Trocadero.

Même s'il se révèle réel, concret, réconfortant, l'intendance et l'état-major restent indispensables. S'ils sont sans expérience, ils seront inefficaces.

Son éventuel "passage de témoin" à Alain Juppé prend donc de la probabilité. Pour la droite, il est vital. Non seulement l'alternance lui échapperait, mais sa représentation à l'Assemblée nationale serait réduite, éliminatoire des grandes décisions.

Si Alain Juppé n'a pas gagné les primaires, c'est parce que son programme était plus tiède, d'une prudence jugée excessive. Ça m'étonnerait, s'il remplaçait Fillon au pied levé, qu'il applique son programme, ambitieux et dur. Il en a un, lui aussi, en propre.

De toute façon, il rencontrera la résistance des syndicats conservateurs, protecteurs des services publics, liquidateurs des "autres". En 1995, il l'a rencontrée. Moi aussi!

On pouvait espérer de Fillon, bien qu'il n'ait jamais dévoilé comment il gérerait le conflit inéluctable avec les syndicats conservateurs, qu'il disposait pour cet obstacle d'une "botte secrète". 

Emmanuel Macron avoue:"La France est irréformable". Et il poursuit, "nous allons la changer!" Je ne vois pas ce que peut changer un changement de mot. Le procédé est on ne peut plus utilisé. Sans effet jusqu'à ce jour!

Sceptique