À peine sortis d'un âpre combat de mâles, résolu, non pas à l'ancienne par l'enterrement des vaincus, mais par la méthode moderne de la "tchatche", des communiqués, des rassemblements comptabilisables, du rappel des votes à la loyale, nous voilà à la fête des femmes, dont le but est de nous rappeler que dans l'ensemble, nous, les hommes, enfin, ceux d'ici, ne les traitons pas bien.

Nous sortons des placards les yakas, ces moulins à prière qui accompagnent nos campagnes électorales. Ce sont les meilleures occasions de changer quelques lettres ou quelques chiffres de nos lois. Issues de difficiles compromis entre nos possibilités de faire plier notre nature, et l'insatisfaction de nos compagnes.

Toute l'histoire de nos institutions n'est que le récit de cette évolution des rapports hommes-femmes, qui commence par la contestation de notre nature. Il nous faut réduire, couche par couche, le "c'est comme ça et pas autrement" expliqué par Sir Charles Darwin. Nous ne sommes que des singes, dotés de la parole, et de ce fait aptes à créer des cultures. Globalement, ces cultures nous mettent sous le nez ce qui n'est pas compatible avec leur éthique, leur perfectionnisme. Pour se voir décerner la qualité d'hommes, il nous faut nous débarrasser de ce qui nous ramène à la jungle dont nous sommes sortis.

Depuis que la question est posée, par les femmes elles-mêmes, et reprise par des hommes soucieux de notre image, on ne peut pas dire qu'elle n'a pas avancé. 

Si l'égalité des droits est reconnue, "sur le papier", elle n'est pas enregistrée dans le cerveau de tous les hommes. Souvent par mauvaise volonté. Qui peut aller jusqu'au déni.

Si un homme déclare son désir à une femme, il peut avoir du mal à accepter son refus, insister, lourdement, harceler "l'objet de son désir". Il faut souvent une plainte, pour que la loi lui rappelle les droits de son "objet".

Si une femme obtient un emploi, et se préoccupe d'accomplir au mieux sa tâche, l'employeur est tenté de la payer le moins possible. Si elle ne proteste pas, c'est autant d'économisé pour lui. Il n'imagine pas de faire la même chose avec un homme. Il aura le tarif syndical.

Statistiquement, cette différence de traitement reste visible.

La solution est elle dans les lois? Ou dans les prises de conscience individuelles? Les différences constatées d'une culture à une autre me semblent en rapport avec la conscience de ses droits par l'individu, d'un sexe ou de l'autre. Il vaut mieux ne pas se sentir assujetti aux mauvaises habitudes, affirmer ses droits.

Peut-on espérer aboutir à une société parfaite? Il semble bien que non, que toutes connaissent une proportion résiduelle de comportements sauvages, ou criminels.

Les sociétés anciennes ne se faisaient pas d'illusions, et appliquaient une sévérité en conséquence. Sans résultat vraiment probant, finalement. 

On accuse nos sociétés d'aujourd'hui ne ne pas être assez sévères. Pourtant, la sécurité des biens et des personnes y est bien meilleure qu'avant, et ailleurs. La prévention, plus générale, plus efficace, y contribue. La médiatisation des faits entretient la vigilance, la recherche de ses meilleurs moyens.

Et le malheur de l'humanité? N'être jamais satisfaite, jamais en repos, jamais en paix!

Sceptique