C'est une saine réaction du philosophe tunisien Mezri Haddad, publiée par La Lettre de Causeur (d'aujourd'hui, 14 Mars 2017), qui me réjouit.

En quelques lignes il déplore la curée de toutes les formes d'information sur le candidat à la  Présidence de la République, promues "vérités d'Évangile", sans la moindre vérification. Il y voit une intention manifeste de peser sur le résultat de cette élection, de le dévier vers celui qui sera préféré par la distinguée profession.

Contre cette dérive, spécifique à la France, il remarque qu'il existe des institutions professionnelles chargées de l'éthique, comme l'Ordre des médecins, des avocats, des architectes, et d'autres moins connus. Tous abreuvés de reproches et de soupçons de collusion, de constituer des obstacles à des exécutions sommaires.

Il faut rappeler que tous ces ordres, empêcheurs d'agir en rond, ont fait l'objet de projets de suppression, dans les premières années Mitterrand.

Dès les premiers jours de l'affaire Fillon, mes critiques des médias m'ont attiré le reproche de vouloir restreindre leur liberté. Liberté n'est pas licence, et une morale n'est jamais superflue, que Dieu soit mort, ou non.

Un lecteur venu de loin a exhumé dans les archives de ce blog, un article du 15 Août 2014, titré "Un nid d'espions au pôle financier du Tribunal de Paris"...nom précédent du Parquet National Financier, dirigé par la même Procureure, Madame Éliane Houlette.

Il y était question des échanges nombreux et quotidiens entre ses magistrats et les journalistes du Monde, sur les affaires concernant l'ancien Président Nicolas Sarkozy...accusé d'atteinte au secret de l'instruction, parce qu'il avait deviné qu'il était sur écoutes, et avait changé de moyens de communication. Il aurait du, en somme, continuer à nourrir les services d'écoutes.

Mais les juges chargées du dossier, irritées d'être doublées, sans doute, ont voulu savoir qui babillait avec les journalistes, et ont chargé le service de police "ad hoc" d'identifier les papoteurs-papoteuses*. C'était, dans le sens Justice->Journal, essentiellement Madame Éliane Houlette, qui avait appelé à de nombreuses reprises**.

Ce ne sont pas ses juges qui ont prévenu Sarkozy qu'il était sur écoutes. Il a peut-être trouvé les mêmes trop bien renseignées sur ses faits et gestes.

Il n'y donc pas que les médias qui ont besoin d'une éthique. Elle ne ferait pas de mal à la partie de notre justice qui travaille la main dans la main avec le pouvoir politique....je dis une absurdité..j'écrivais dans le même article, en conclusion des faits:"Il n'y a délit de violation du secret de l'instruction que si elle profite au présumé coupable....dans les autres cas, elle est patriotique!

Sceptique

*Papoter est synonyme de bavarder.

**Les appels provenaient de son bureau. La responsabilité de la femme de ménage est difficile à imaginer!