Les débordements verbaux  du Président Erdogan, furieux des refus d'obéissance de ses vassaux européens, posent un problème sérieux. Personne n'était au courant de l'annexion.

Nous allons devoir lui expliquer qu'il aurait du attendre notre avis, que la situation n'est plus celle du seizième siècle(1529) ou du dix-septième(1683).

Le vingtième siècle et celui en cours ont été le cadre de la fin de l'Empire Ottoman, du sultanat de la Sublime Porte, et de la naissance d'une République Turque, moderne et non aventureuse, très fréquentable. Son intégration à l'Union Européenne, très attirante, avait été envisagée. La Turquie y voyait un avantage, et les européens, quelques inconvénients seulement.

Dont la propension de l'armée turque à pratiquer des coups d'état, quand ce dernier s'éloignait des prescriptions de Mustapha Kemal Atatürk, fondateur de la République, dans les années 1920.

L'Union Européenne exigea avant toute négociation la suppression des privilèges politiques légués par l'idole des turcs modernes, à l'armée et au pouvoir judiciaire, de déposer par la force tout gouvernement contrariant. Cette manière de faire était incompatible avec les principes non nationalistes qui faisaient l'âme de l'Union Européenne.

La laïcité, imposée par Atatürk, était la plus contestée par une partie des nouvelles générations d'hommes politiques. L'un d'eux était précisément celui qui nous parle mal aujourd'hui. Pour réaliser son rêve de remettre la Turquie sous le contrôle de la religion, il a besoin d'obtenir un pouvoir absolu et durable.

Les militaires encore fidèles à la mission léguée par leur héros, le Général Mustapha Kemal, ont tenté un ultime coup d'état l'été dernier. Leur échec a entrainé un surcroit de répression, d'emprisonnements, de journalistes en particulier, de militaires coupables ou simplement suspects, de fonctionnaires incertains. 

Le peuple en semble ravi, à moins qu'il ait simplement peur. Quant à l'Union Européenne, elle tique devant une répression aussi radicale, et se mord les doigts d'avoir trop promis l'intégration de la Turquie dans l'Union. De toute façon remise en question par des membres de l'Union, dont la France.

La spectaculaire crise d'aujourd'hui a pour cause un référendum organisé par le Président Recep Tayyip Erdogan pour se faire attribuer plus de pouvoir, plus durable. Il n'est pas sûr du résultat, et a voulu étendre sa campagne aux communautés de turcs immigrés en Europe, avec le renfort de ses ministres, "en chair et en os".

Une exigence déplaisante pour quelques pays hôtes, comme les Pays-Bas et l'Allemagne, qui ont refusé ces atteintes aux pratiques internationales. Ils se sont fait injurier par un Erdogan fou-furieux, totalement "sorti de ses gonds". Un excès qui, en d'autres siècles, aurait déclenché une guerre.

Ni lui, ni nous, n'irons à cette solution stupide, mais comment ramener la "paix des mots" après ces excès? Et comment, LUI, prendra-t-il un échec possible de son référendum? Par un ou plusieurs "tours de vis" pour ses sujets ingrats? 

Ça n'améliorerait pas ses relations avec l'Union Européenne, ferme sur ses valeurs....sauf la France, bien sûr.

Sceptique