La guerre civile syrienne entre dans sa septième année, la Syrie est un champ de ruines, le nombre de victimes dépasse 300.000, celui des réfugiés, plusieurs millions, celui des "parties prenantes" doit être autour d'une dizaine. 

Imperturbable, Bachar Al Assad, héritier de son père, auteur du coup d'État "baassiste" qui a mis fin à la monarchie hachemite, installée dans les années 1920, responsable, par la brutalité de sa répression de l'agitation populaire lors du "printemps arabe" d'une évolution catastrophique dont on ne voit pas la fin, la gère au jour le jour, soutenu par son allié de poids, Vladimir Poutine.

Le Quotidien L'OPINION, fondé par Nicolas Beytout, consacre son édition du soir du 15 Mars à ce drame, et analyse deux livres d'auteurs français, l'un "arabisant", Jean-Pierre Filliu, l'autre "christianisant", Frédéric Pichon.

Nos fautes, nos manquements, nos crimes, sont rappelés par chacun d'eux, au préjudice de leurs protégés.

Pour mémoire, la Syrie et le Liban étaient des pièces de l'Empire ottoman, rassemblé en quelques siècles par les sultans turcs, et pacifié par la force, tout au long de l'histoire.

La participation du dit empire à la première guerre mondiale, aux côtés de l'Allemagne et de l'Empire Austro-Hongrois, lui a valu une occupation franco-anglaise, puis un dépeçage en règle, dont les partie ont été placées sous mandat, français ou anglais, par la Société des Nations, première mouture de l'ONU.

La répartition s'est faite selon les goûts des mandataires. Le Liban et la Syrie aux français, en raison de leurs minorités chrétiennes, périodiquement persécutées, et causes d'interventions françaises à leur secours. Le mandat le rendait permanent pour une durée non définie.

L'autre partie, formée par la Palestine, la Jordanie et l'Irak était confiée aux anglais. La proximité de l'Égypte, contrôlée par eux, route des Indes exige, et l'intérêt pour le pétrole, source d'énergie naissante, justifiaient leur choix (accords Sykes-Picot).

La deuxième guerre mondiale a bousculé ce nouvel ordre. La défaite française en 1940 a affaibli notre position, prise par la force par l'ami anglais, pour la mettre à l'abri d'une incursion allemande. Nous n'avons pas repris notre place après la victoire commune. La page était tournée. Devenus indépendants, la Syrie et le Liban apprenaient leur nouvelle responsabilité. En Syrie et en Irak, des coups d'État militaires et baasistes chassaient les rois hachémiques, et plaçaient au pouvoir des généraux, ou des colonels promus.

En Palestine, le minuscule État d'Israël, attaqué de toutes parts, se retrouvait dix ans plus tard dans les frontières que nous lui connaissons.

La Syrie occupe une place notable dans nos mémoires, mais ce n'est pas réciproque, car notre présence y a été trop courte. Nos sentiments nous poussent à imaginer une action utile, mais la raison nous intime l'abstention. Nous participons bien à l'appui aérien des troupes au sol, peut-être, aussi, sous forme de "coups" de nos forces spéciales, mais sans publicité.

Pourrions-nous faire plus? Le couple Poutine-Bachar Al Assad n'attire pas la sympathie, et fait douter d'une quelconque gratitude. Nos engagements militaires en Afrique sahélienne pèsent déjà lourd. Il s'agit de protéger des populations pacifiques d'agresseurs violents et méprisants. Nos devoirs et nos responsabilités y sont plus anciennes qu'au Moyen-Orient.

Sceptique