C'est la question posée par un sondage du Point numérique, auprès de ses lecteurs. Le résultat, stable sur quelques jours, est étonnant et rassurant pour les malheureux candidats (ils seront plusieurs, semble-t-il, d'ici au premier tour.) 67% des sondés affirment qu'ils pourront voter pour un candidat "mis en examen". Il est licite d'avancer qu'il s'autorisent à évaluer eux-mêmes les faits ayant conduit la justice à faire ses réserves sur les droits du candidat à participer à la compétition. Un droit "moral", puisque, effectivement, la mise en examen n'est pas une condamnation, mais une suspicion de faute condamnable.

Les flots d'injures déversés dans, et par les médias, qui publient les commentaires de leurs lecteurs ou auditeurs, ne laissaient pas supposer une telle fidélité, une telle résistance au battage d'une foule invisible. "Elle" est pour le moins partagée, et sa majorité garde son sang froid.

Cette résistance à l'influence du "quatrième pouvoir" est d'autant plus nécessaire que son effet global devrait aboutir à une abstention massive. Si certains sont accablés de soupçons et de reproches "personnels", aucun ne sort indemne de l'examen de passage médiatique. Quand on cherche, on trouve! Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin "elle se casse", au sens argotique de l'expression.

Il devrait, aussi, cet "hallali", toucher la majorité des candidats qui comptent. Il y a déjà, à côté de François Fillon, Marine Le Pen, en bisbille avec le Parlement européen. Et une association de chercheurs de puces monte un dossier contre Emmanuel Macron, trop bien placé dans les sondages pour être honnête. 

Honnêtes, les candidats de la vraie gauche, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon semblent, en tout cas, insoupçonnés. Mais personne, aussi, ne les donne gagnants du scrutin.

On en est là, à quatre semaines du premier tour. Quel remède à imaginer, à cette manie juridico-médiatique, qui perturbe systématiquement notre principale échéance électorale? 

Je ne vois qu'une institution temporaire, formée par une dizaine de journalistes tirés au sort, avec parité hommes-femmes(les femmes ne s'en laissent particulièrement pas conter. Elles n'écoutent pas) , et un jury de cent personnes, un minimum pour compter au moins un(e) représentant(e) de chaque parti politique français.

Chaque candidat devrait se soumettre pendant au moins une semaine à cette chambre d'investigation, rendre compte de ses revenus et de ses avoirs au centime d'euro près, de son comportement conjugal "blanc comme neige", de la solidité de ses convictions, y compris en matière de sciences, domaine des hérésies les plus graves.

Ce n'est qu'en possession d'une autorisation en bonne et due forme de la part de ce jury, qu'il pourrait passer à la phase suivante, les parrainages des élus. Le choix des électeurs couronnerait le tout. Incontestable...

Inch'allah!

Sceptique