C'est le point de vue de Pierre Moscovici, interrogé par Nicolas Beytout directeur-fondateur de L'Opinion.

D'abord, je ne vois pas de quelle manière précise, ensuite, je m'en tiens à un principe: la constitution de la Vème République place toutes les responsabilités entre les mains ou sur la tête du Président de la République.

Ce sont d'ailleurs les protecteurs du Président qui sont tentés de charger le Premier Ministre, ou d'autres ministres chargés de portefeuilles importants. Mais je n'ai jamais entendu un ancien Président user de ce système de défense. Aucun ne s'est jamais défaussé sur son Premier Ministre.

Sur cette ligne presque droite (géométriquement) qui nous mène à l'élection présidentielle, il ya un ancien Premier Ministre, François Fillon, et un ex-Ministre de l'Économie (de François Hollande),  Emmanuel Macron.

Dans un cas comme dans l'autre, il y a une recherche de culpabilité, une participation au pouvoir exécutif. 

Fillon pour Sarkozy, Macron pour Hollande....sans demander leur avis aux intéressés, d'ailleurs.

C'est contraire à l'esprit de la Vème République, tout simplement. L'esprit ne flotte pas librement et à distance de la lettre. 

L'accusation a de l'usage, en raison de sa facilité. Fillon a reçu sa part de reproches, jusqu'à ce qu'on lui trouve des puces très personnelles. Qui lui ont déjà fait bien plus de mal que les éclaboussures sarkozystes. Avant l'affaire, c'était l'antienne de tous ses rivaux, de tous ses ennemis.

Quant à Macron, il s'est vu dénier ses droits à l'émancipation, sa capacité à penser par lui-même, son curriculum vitae antérieur à son entrée dans le cabinet, puis au gouvernement, du Président François Hollande.

Et, maintenant, c'est sa participation active à l'action du gouvernement dirigé par Manuel Valls. Ce qu'il en reste, est ce qui marche, justement.

 Mais ce n'est pas porté à son crédit, ça reste dans le compte du Président!

Cette Présidentielle est un virage, déjà amorcé lors de la précédente. C'est sur le favori qu'il faut taper, c'est à sa selle qu'il faut accrocher les handicaps. Quant au catalogue des calomnies, pour l'un comme pour l'autre, il faut le charger, jusqu'à ce qu'il déborde*.

Le narcissime est indissociable de l'ambition...pour les hommes, en tout cas. La jalousie l'accompagne, dans ses pas, obstinément. Mais on ne va quand même pas lui accorder des points à l'ancienneté , non?

Sceptique

*Le pouvoir présidentiel, son mode de sélection, sa puissance, ont été des atouts précieux pour notre pays, qui rêve d'anarchie ordonnée, à moins que ce soit d'un ordre anarchique. Il fait beaucoup de bruit en accomplissant le nécessaire, mais pour rien de plus. C'est un outil, aux multiples fonctions, au mode d'emploi bien étudié, ayant besoin d'un minimum de volonté. Un minimum, je dis bien.