Tant au cours de sa campagne qu'après sa victoire, le Président Donald Trump avait annoncé une position isolationniste, un renoncement à être le gendarme du monde, et plus qu'un simple rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine.

L'usage du gaz sarin au cours du bombardement d'un village "rebelle" par l'aviation de Bachar Al Assad, le dictateur syrien, a bouleversé le Président américain, spectateur, comme le monde entier, des images d'enfants agonisants, diffusées par les rebelles.

Évidemment, le pouvoir syrien a nié sa responsabilité, prétendant que son bombardement avait du toucher un dépôt "rebelle" de ce gaz de combat.

Personne, aucun service de renseignement, n'a accordé de crédit à cette défense du régime d'Assad. La possession et l'usage de ce gaz par les syriens ont été reconnus il y a quelques années, et notre Président, François Hollande, était prêt à participer à un raid punitif annoncé par Obama. Le renoncement final du Président américain avait contraint le nôtre à renoncer à son tour. 

Une pression internationale avait cependant abouti à ce que le régime syrien promette la destruction de ses gaz de combat, sous contrôle de l'ONU. Trop limité pour avoir pu vérifier que la destruction avait été totale.

Des cas multiples d'usage de gaz irritants ont montré que les syriens n'avaient pas renoncé à ce moyen, que leur mauvaise foi était patente. Le cas, flagrant, d'un usage du gaz sarin, mortel, a balayé le peu de confiance qui pouvait subsister. Les services de renseignement d'aujourd'hui ne sont pas myopes. Seuls les gouvernements qui les emploient, décident, ou non, de réagir.

C'est ce qu'a fait, contre toute attente, le Président Donald Trump, en faisant lancer une cinquantaine de fusées mer-sol Tomahawk sur une base syrienne. Il a averti ses alliés et les russes de son geste L'accueil de l'acte est mitigé. Si les gouvernements alliés approuvent, d'autres voix politiques expriment leurs réserves. D'une manière générale, la sensiblerie d'un responsable de ce niveau, est mal vue. Dans le cas particulier Poutine y voit une menace sérieuse sur la paix mondiale. Il en faudrait certainement plus par aller plus loin qu'un coup de menton, un froncement de sourcils.

Est-ce que cet acte améliore l'image de Donald Trump aux yeux des américains, à ceux de leurs alliés? Il ajoute, plutôt, des arguments à leur perplexité. 

Sceptique