Ce Dimanche a été un festival de grandes réunions électorales de candidats ayant, ou se voyant, la chance d'être au second tour de la présidentielle. Condition "sine qua non" pour atteindre le but de leur vie, être élu Président de la République.

Certains ont beau dénigrer ce mécanisme très sélectif, et promettre un retour à un régime parlementaire, la case Présidence est la seule à en promettre les moyens.

Et, ces moyens sont au nombre de deux: la renommée, la capacité à la faire valoir, par l'éloquence.

Il y a eu, donc, ce Dimanche, à deux semaines du premier tour, une place particulière pour trois candidats: Jean-Luc Mélenchon, François Fillon, et Emmanuel Macron.

Jean-Luc Mélenchon, homme d'une extrême gauche proche du communisme, qui n'a plus, depuis des années, bonne presse en France, était dans la nécessité d'en adoucir les angles, de rassurer, et de séduire. Son principal moyen est l'éloquence et sa mise en scène. Il parlait à Marseille, un chaudron français, et l'ensemble des chaines d'information couvraient l'événement.

François Fillon, férocement attaqué par le pouvoir en fin de mandat, et l'ensemble des médias, à proportion du danger qu'il incarnait pour la gauche sortante, avait vu sa position dans l'opinion, suffisamment tombée pour lui barrer la route de la présidence. Sur laquelle lui et ses partisans comptent pour mettre en oeuvre un programme de redressement économique, condition d'une bonne politique

Une grande réunion populaire, à Paris, avec la participation active de toutes les personnalités de la droite et du centre, lui a permis de rappeler les enjeux et les actions indispensables. Une seule chaine, privée, mais à l'audience forte, couvrait l'événement.

La première étape à franchir est le premier tour. Au second, la probabilité est qu'un candidat "républicain" se trouve opposé à Marine Le Pen, Présidente du Front National, parti populiste anti-européen et xénophobe. Le second du premier tour dispose, en principe, du rassemblement de tous les opposants, de gauche ou de droite, au populisme. Cette combinaison est pour le moins paradoxale, mais "incontournable".

Le troisième homme pouvant remporter cette deuxième place du premier tour, est Emmanuel Macron, l'ancien Ministre de l'économie de François Hollande. Il fait plutôt valoir sa compétence, épaulée par une intelligence et une culture élevées, que ses idées politiques, dépourvues de dogmatisme, essentiellement raisonnables.

Son succès dans l'opinion a été rapide, large, et convaincu. Les accusations d'inexpérience, ou celles d'une influence du Président François Hollande, ne semblent pas fragiliser sa position, et son éventuel succès ne fait peur à personne. Les doutes ne portent que sur l'organisation politique, hétéroclite, qui l'accompagne,le soutient, composera sa majorité, lui fournira les parlementaires et les ministrables (pas forcément les mêmes).

Sceptique

Note complémentaire du 10 Avril 2017: Dans le journal L'Opinion de ce matin, Eric Le Boucher, chroniqueur économique, exécute les programmes économiques de J.L. Mélenchon et de Marine Le Pen. Celle-ci ayant plus de chances d'être élue, il s'attarde sur son cas. Comme elle a annoncé la précaution d'un référendum sur la question de la sortie de l'euro, dont le succcès conditionne la suite, il l'imagine libérée de ses promesses risquées, grâce à l'échec du référendum. Les français seraient plus attachés à l'euro qu'ils l'avouent!