Ce choix était prévisible. Déjà acté pour les rivaux, celui de droite, François Fillon, en tout cas, qui ne voit le jeune ancien ministre que comme un clone bien maquillé du grand manipulateur.

On peut le voir ainsi, une taupe du président (j'allais écrire l'ancien) ou accepter la "révolte contre le père", tout aussi plausible, dès qu'on voit "le père", en action.

Déçu, on peut le croire, par le choix du gentil Hamon pour lui succéder légitimement, et inquiet de la place prise par Jean-Luc Mélenchon, déguisé en Chavez, dans le coeur du peuple de gauche, le Président se résigne à parier sur le succès, par défaut, du fils politique, qui veut vivre sa vie en reniant le mentor qui l'avait accaparé.

Et comme il a de fidèles amis, qui l'ont accompagné avec passion, pendant les cinq ans qui s'achèvent sans gloire (autre qu'auto-décernée), il voudrait bien qu'Emmanuel Macron soit accueillant envers ces fidèles, comme il semble l'avoir été pour Jean-Yves Le Drian, le Ministre de la Défense, toujours en fonction.

Emmanuel Macron n'a pas dissimulé son embarras. Non seulement il ne peut incarner son rôle de rénovateur, entouré de grognards Hollandais, mais en plus, il ne veut pas endosser le bilan, que ses rivaux lui accrochent au veston. Les manifestations d'estime du futur ancien Président, et de sa garde rapprochée, sont susceptibles d'être exploitées par la concurrence. La charité qu'il a manifestée envers les fuyards du navire filloniste, touché par une torpille, lui vaut aussi quelques rancunes. Celle que sollicitent les futurs chômeurs du quinquennat Hollande, l'affaibliraient s'il se montrait très empressé. Il est contraint à la dureté de son coeur. Ce n'est pas son idéal!

La politique, c'est un métier. Sans compte "pénibilité", sans assurance accidents, coups et blessures. C'est un Vendée-Globe, à la rame. Jusqu'ici, le nouveau participant a bien conduit son bateau. Mais la route est encore longue.

Sceptique