À l'approche du premier tour, la rhéthorique, l'art de discourir, d'envelopper son programme, d'envelopper ses auditeurs, de les transformer en électeurs, prend plus d'importance, influe les auditeurs naïfs, mais plus encore les "spécialistes", les critiques professionnels.

Leurs remarques pèsent lourd. La manière, dans la dernière ligne droite, l'emporterait toujours, finalement, sur la matière.

Quatre candidats sont dans le peloton de tête. Ils excitent les pronostiqueurs, mais aussi les futurs administrés, qui, eux, pensent à leurs intérêts, ont choisi celui ou celle qui les défendra le mieux, tremblent à l'idée d'une victoire de X, ou Y, dont les projets les visent spécifiquement.

Les passions sont au premier plan. Ce sont les plus efficaces, qui font faire les choix désastreux. C'est le paradoxe de la démocratie.

La raison renforce...la raison. Qui permet parfois d'éviter l'aventure. Je dis bien....parfois.

L'expérience ne sauve pas à tous les coups, et l'offre comporte toujours une part de folie douce, une autre de folie furieuse.

Un programme fou servi par une habile rhétorique a plus de chances qu'un programme sage inaudible. Qu'on le déplore ne suffit pas. La semaine qui nous sépare de l'arrêt de la campagne, puis, du premier tour, focalise l'attention sur l'emballage verbal. Comment séparer le bon grain de...l'ivresse? Et inversement?

Il y a deux programmes sérieux, un, bien servi, l'autre, mal servi. Deux programmes fous, l'un (trop)bien servi, l'autre, plus âprement, mais à la base plus concrète.

Le programme "sérieux-bien-servi "devrait l'emporter, mais ce serait trop simple!

Sceptique

Complément à ce billet: Je viens d'assister, sur la chaine d'infos LCI à un exercice pour élèves journalistes, la description, en cinq minutes chrono, des programmes des sept "petits" candidats, ceux qui font rire en se prenant au sérieux. Au terme de l'exercice, effectué par une toute jeune et sympathique recrue, j'avais la tête farcie. 

Heureusement pour les intéressés, j'ai eu l'occasion de les connaitre autrement, car on leur offre régulièrement la parole, et ils ne dédaignent aucune invitation. Je persiste et signe, il y a une défaillance de la pré-sélection, ces malades de "présidencialite" n'apportent rien au débat. De présidentielle en présidentielle, leur idée fixe ... le reste.