Je suivais, hier soir, le bulletin d'information de Gilles Bouleau, sur TF1. Depuis "un certain temps" il se termine par un entretien avec un des onze candidats à la présidentielle. Le déroulement, en quelques phases, est le même pour tous, les questions sont également identiques, posées dans le même ordre.

Il est possible que j'en aie manqués. Les premiers avaient concerné les "petits candidats", non soutenus par un parti, seulement par leur foi en eux-mêmes, en leur solution unique, simple, radicale,"incontournable". Miraculeuse, quoi. De jour en jour, j'attendais patiemment les gros calibres.

Le premier (je ne pense pas en avoir manqué) était Emmanuel Macron. Un entretien de ce type en dirait plus que les images d'un meeting.

J'ai ressenti le sentiment d'être gâté. Calme, posé, le candidat néophyte a déroulé un programme, de réduction des dépenses publiques, du nombre de fonctionnaires, de levée de l'obligation des 35 heures, par accord librement négocié (une mauvaise loi ne doit pas forcément être remplacée par une autre loi. Son libre abandon, librement consenti, devrait suffire.).

Les économies réalisées seront réinvesties sous forme de réductions de charges sur les entreprises et les particuliers. L'ISF sera supprimé pour les avoirs industriels, maintenu sur les avoirs immobiliers. Il y aura donc un déplacement des charges, du travail aux plaisirs, à celui de posséder.

Le libéralisme  du jeune candidat se déroulait dans ses détails. Une impression de déjà entendu s'imposait.C'ÉTAIT DU FILLON PUR SUCRE!

Cette similitude pose un problème humain. Forcément, le plus âgé a une avance, une ancienneté, mais sans droits d'auteur. Il y a un aboutissement commun du raisonnement, ce qui conforte sa valeur. Plus une vérité est partagée, plus elle a de mérites à en être une.

François Fillon la martelle depuis plus de dix ans*. Depuis cinq ans, libéré du devoir de se taire, de ne pas entrer en opposition au Président, il a, d'une part, ciselé un programme de redressement des comptes publics, et de l'économie marchande, dans leurs moindres détails, et construit l'appareil politique destiné à représenter le consentement populaire, à la fois autonome, et constitutif des Républicains, ex-UMP.

Tellement bien que la majorité des militants et des sympathisants des Républicains l'ont désigné comme leur candidat à l'élection présidentielle, qui commence Dimanche prochain.

Comme on le sait, ce succès n'a pas eu l'honneur de plaire au pouvoir en activité, à sa majorité, par toutes ses fibres. Le téléphone a chauffé. Il chauffe encore, car l'homme à abattre remue encore. À l'égard du fils indigne par le programme, le rejet est encore dispersé, et inhibé.

Le vrai concurrent, celui qui pense être imité de A à Z, "l'a mauvaise", et ne le cache pas. Il se défend, comme l'original, face à ce qui ressemble à une copie. Il fait appel, et on ne peut le lui reprocher, à son antériorité dans la lutte contre la gabegie hollandaise. "On" lui a souvent reproché sa fidélité, constitutionnelle, à Nicolas Sarkozy. Il cherche, sur son concurrent, la même, ayant comme objet François Hollande, son "inventeur".

Notre pauvre pays a-t-il un "type bien", de trop? Pour le Dimanche qui vient, oui, peut-être. Dimanche soir, on sera fixés. Quand il sera question des désistements pour le deuxième tour, il y aura forcément des surprises.

Sceptique

*La Constitution de la Vème République fait du Président de la République, le principal, voire l'unique, responsable de la politique menée, ou pas menée, malgré sa nécessité.