MÉFIEZ-VOUS DES IMITATIONS!

Cette recommandation concluait souvent les publicités, particulièrement celles dont il fallait se méfier. Le système des primaires, inspiré de l'américain, où il règne de puis longtemps, a été adopté par le parti socialiste en vue des présidentielles de 2012*. La sélection de François Hollande à l'issue de ses deux tours est apparue comme facile et pacifique. Sa représentation s'est inscrite dans les mémoires.

À droite, c'était naturellement le Président du parti qui était proposé aux militants, puis, aux électeurs. Après 1958, année marquée par le retour au pouvoir du Général De Gaulle, paraissant le seul capable de gérer la guerre d'Algérie, une nouvelle constitution, "présidentielle", écrite à sa convenance, fut promulguée. Il en fut, tout naturellement, le premier élu, par le Parlement. Parmi ses nombreux actes de cette période, il prévit que l'élection présidentielle suivante se ferait de la manière qu'il préférait: un suffrage direct, universel, uninominal et à deux tours. Nous y sommes encore.

Mais il n'y a plus, soixante ans plus tard, de personnalités "naturellement" aptes à participer à la compétition. Plus exactement, il y en a maintenant trop. Malgré les filtrages en amont, pas moins de onze pour cette élection, au premier tour. Seuls les deux premiers peuvent participer au second tour.

C'est le parti socialiste, alors dans l'opposition, qui conçut, pour lui-même et son obédience, le système des primaires, à deux tours, chargeant les militants de sélectionner, par leur vote, le candidat qui sera présenté aux électeurs de tous bords, participant à l'élection "officielle".

Le premier tour classe, par le nombre de suffrages, les postulants. Seuls, les deux premiers participent au deuxième tour, dont le résultat désigne le candidat de la coalition à l'élection présidentielle. François Hollande, en vue de la Présidentielle de 2012. Ce choix ne fut accompagné d'aucune polémique, d'aucune contestation.

En face, le Président sortant, Nicolas Sarkozy,"naturellement" candidat à sa succession, fut soutenu sans défaut par le parti UMP, ses cadres, ses militants, ses sympathisants. Mais il fut battu par le candidat socialiste, François Hollande.

Il ne fallut pas cinq ans pour faire apparaitre ce choix comme mauvais. Un choix, mauvais à tous ses étages. L'erreur ne fut pas imputée au système, mais à la capacité naturelle de l'homme, à feindre, à tromper. "On ne s'y fera pas prendre deux fois." Premier intéressé, le Président François Hollande prit la décision de ne pas se représenter. Son successeur, Benoît Hamon, légitimé par la primaire, a fait un peu plus de 6% au premier tour du scrutin présidentiel de cette année. FLOP de la primaire.

Entretemps, la Droite et le Centre, comptant de multiples présidentiables, conformément à leurs nouveaux statuts et leurs engagements, se sont dotées d'une Primaire à deux tours. Qui ont désigné, haut-la-main, François Fillon, comme LE candidat à l'élection présidentielle, disposant, de droit, de tous les moyens du parti LR, et du soutien sans faille de ses personnalités .

On connait la suite, la dénonciation de soit-disant malversations, vieilles de vingt ans, une action judiciaire immédiate, un déluge de commentaires malveillants. Une troisième place, éliminatoire, au premier tour de la présidentielle. La mise hors course, concomittante, du principal parti de droite, les Républicains.

Tant à gauche qu'à droite, la primaire n'apparait pas comme permettant un bon choix, à court terme, et à long terme. Non seulement le procédé n'est pas sélectif à coup sûr, mais il pointe du doigt l'homme (jusqu'ici) à abattre. Il fait des millions de victimes, flouées, et une brisée, à jamais. Il sera sûrement abandonné, il ne convient pas aux français, mauvais joueurs, tricheurs en raison du niveau de pouvoir.

Sceptique

*En 2007, il y eut une primaire au parti socialiste, encore simple, qui fit apparaitre Ségolène Royal comme la préférée. On connait la suite. Elle n'en redemande pas.