J'écoutais de matin la retransmission d'un "Vingt-qatre heures en question", de Yves Calvi,, sur LCI. Le sujet était, justement, la haine qui explose en cette fin de campagne présidentielle. Des experts en la matière (histoire contemporaine) faisaient un parallèle avec les années 1930, trait d'union événementiel entre la crise de 1929, et le déclenchement de la deuxième guerre mondiale. La place, dans cette tranche d'histoire, de la violence nazie.

Je fais une différence entre le système haineux, inventé et appliqué par Hitler et ses ouailles, et celle qui se répand depuis cinq ans dans notre société. Qui me semble d'une autre nature que celle, systématique, de cette catastrophe. À l'occasion de laquelle la haine était obéissance.

Celle qui explose aujourd'hui me parait relever de l'incompréhension, de la perplexité qui en découle, du manichéisme qui en résulte Nos contemporains ne comprennent plus le temps qu'ils vivent, la glose qui prétend la décrire et la rendre compréhensible. La haine doit neutraliser la peur, l'opacité du présent. Il faut tuer le perroquet pour qu'il se taise.

On arrive à des situations burlesques, comme celle de ces lycéens qui expriment leur haine, tant pour Emmanuel Macron, que pour Marine Le Pen. On pourrait percevoir une pensée anarchiste, festin des crocodiles. Alors qu'il ne s'agit que d'une pensée magique qui bouche un trou, ou qui écope la barque percée.

Marine Le Pen propose un repli national, économique, politique, ethnique. Elle l'enveloppe soigneusement de papier de soie. Mélenchon proposait le modèle vénezuélien, Emmanuel Macron....SE propose. Pas de grande théorie, pas de modèle historique à retrouver, la vie de famille élargie, sans disputes. Sa dernière visite à Oradour sur Glane vise à nous prévenir d'un recours à la haine agie.

Cet évitement de la haine est prêté, comme avantage, à la démocratie bien réglée. C'est le modèle qu'il faut défendre, malgré son défaut constitutif, l'avantage donné à la majorité. IL faut renoncer à la toute puissance, sans partage. Dur, dur!

On y va, en trainant les pieds, en mangeant son chapeau, s'il le faut. Dans huit jours, nous serons fixés. Pourvu qu'on ne se trompe pas!

Sceptique