Je plaisante, bien sûr, mais à peine. Dans un très récent discours, le Président turc a tancé l'Union Européenne pour sa mollesse dans les négociations d'adhésion. Et il a conclu par la menace, si rien de concret ne se passait, de retirer la Turquie des négociations, de laisser l'Union Européenne à sa solitude.

Bon, ce n'est pas tout à fait dit comme ça, mais ça n'en est pas loin. Ce discours résulte de la réelle fâcherie qui s'est instaurée entre l'Europe et le Président turc.

Du côté des états de l'Europe, sinon de la Commission, le désir d'adhésion (de la Turquie), s'est sérieusement affaibli. Les français y sont majoritairement hostiles, et leur veto est explicite. Or, l'adhésion d'un nouveau partenaire à l'Union Européenne doit se faire à l'unanimité.

Que nous soyons redevables à la Turquie de la fermeture de la frontière, de l'empêchement du passage massif de migrants essentiellement syriens qu'elle héberge dans des camps, est indéniable. Nous indemnisons, en partie, la Turquie, des dépenses exigées par sa bonne garde. Que l'U.E. tienne ses milliards avec des élastiques ne serait pas vraiment surprenant. Payer, même ses dettes, fait mal à tout le monde. Mais nous payerons, c'est sûr.

Le discours du Président turc est donc à usage interne. Il comprend que l'adhésion n'est plus possible, mais qu'il ne la troquera pas contre son pouvoir absolu, redhibitoire pour l'U.E.. Sa façon d'inverser la frustration est habile.

Sceptique