IL n'est sûrement pas surpris. Les obstacles qui se dressent contre lui, affichant la contestation de sa légitimité, et de celle de nos institutions, n'étaient que noyés dans le flot des électeurs, se pressant dans les bureaux de vote, ou défoulant leur joie dans les rues, sur les espaces voués à la fête. 

Les rues, ils n'en étaient que les occupants illégitimes. "Elles" sont la propriété de ceux qui se voient le vrai pouvoir, légitimé par leur force.

IL, le jeune Président, les a rencontrés plus d'une fois au cours de sa campagne. ILS auraient bien voulu le décourager, lui signifier que le vrai pouvoir, c'était eux, depuis toujours et pour toujours. Mais dès qu'ils se retirent, repus et fatigués, le pouvoir qui se croit légitime reprend les rues, les nettoie, efface les traces, répare les dégâts.

Aujourd'hui, comme tout le monde rappelle ce que le Président élu annonçait avant de l'être, ce pouvoir annonce qu'il s'y opposera farouchement, tout de suite. Il y a pour eux urgence, car c'est par ordonnances que le nouveau Président prendra ses premières décisions. Les débats, les tergiversations, les votes des parlementaires ne dévoreront pas de temps. Sa signature, leur proclamation, auront force de Loi.

Un tel empressement, du côté présidentiel, ne s'est pas vu depuis dix ans, au moins, et la mobilisation des opposants pouvait attendre la fin des grandes vacances, qui suivent immédiatement le renouvellement des pouvoirs.

L'urgence de la réaction est en proportion de la crédibilité de l'élu, qui a déjà fait montre de son esprit de décision, ne serait-ce que par sa marche à pas forcés vers le vrai pouvoir, celui du Président de la République.

Le Président savait d'où viendrait la première attaque. Les attaquants savaient l'urgence de passer aux actes. Il n'y a pas de réelle surprise. Il se fichent de l'offense faite aux électeurs, aux institutions républicaines. Depuis toujours, ils répondent par leur veto à l'initiative du pouvoir légitime. Souvent, ils l'emportent, parfois, non.

Le pays, depuis cinq ans, a un grand besoin de décisions, de remèdes à ses blocages, à ses pannes, ses mises hors service diverses.

Ce sera la première grande épreuve à surmonter. Il a suffisamment de connaissances et d'expérience, pour y faire face. Mais sa victoire n'est pas certaine.

Sceptique