Le procès de la destruction de l'usine AZF de Toulouse (Septembre 2001) va connaitre une quatrième édition, sur les mêmes bases, celle d'une théorie chimique inventée, celle d'une implication exclusive de l'encadrement

Le Nitrate d'ammonium n'explose pas "comme ça". Ce n'est pas un explosif, seulement un comburant, pouvant entrer dans la fabrication d'un explosif peu sophistiqué.. 

La revue des cas de vraies explosions de ce produit chimique implique deux conditions: un confinement du produit dans un contenant rigide, résistant, un incendie qui le chauffe jusqu'à la dislocation de la molécule, la libération massive d'oxygène, qui accélère jusqu'à l'explosion l'incendie causal. C'est ce qui est arrivé, en 1947, au "liberty-ship", chargé d'ammonitrate, en feu dans la rade de Brest. Les prémices de l'explosion, meurtrière et dévastatrice, ont duré plusieurs jours.D'autres cas, de wagons-citernes, de camions-citernes, sont répertoriés. Sans ces conditions, le nitrate d'ammonium ne participe pas à une explosion.

Rien de tout ça à Toulouse, en Septembre 2001, peu après les attentats destructeurs à New York et à Washington. La tentation de la similitude n'a pas duré longtemps.

L'enquête à Toulouse s'est enfermée dans la démonstration de fautes cumulées de l'encadrement de l'usine. Aucune autre hypothèse n'a été retenue ou même explorée. La répétition obstinée de l'hypothèse initiale, dépourvue de vraisemblance, et faute de faits nouveaux, aboutira au même résultat: le doute, encore le doute. Les lyncheurs seront frustrés.

Il faut refaire, dans les limites du possible, l'enquête. Repartir de zéro, des témoignages initiaux, des effets sismiques, anormaux pour l'hypothèse retenue, et qui ont du laisser des traces dans le sous-sol. Une enquête scientifique, sans préjugé socio-politique.

Il en va de l'honneur d'hommes, bombardés boucs émissaires. De l'apaisement des victimes. De l'arrêt de cette série de procès sans issue...juste.

Sceptique

P.S. Je n'ai pas fait état de ma propre hypothèse. Qui écarte une responsabilité humaine, et suspecte un évènement naturel rarissime, mais pas inconnu: l'explosion en haute altitude d'une météorite. La rareté de ces faits tient à l'angle d'entrée de la météorite dans la haute atmosphère. L'entrée tangentielle, la plus fréquente, consume la météorite sur plusieurs milliers de kilomètres. Son explosion achève ce parcours, spectaculaire, mais sans danger.

Par contre, si l'entrée dans l'atmosphère se rapproche de la verticalité, la météorite va rapidement rencontrer une atmosphère de plus en plus dense, offrant une résistance comparable à celle d'un solide. Entre l'échauffement et ces forces mécaniques, la météorite explose. Les débris et l'onde de choc ("big bang") continuent leur parcours, et atteignent le sol, faisant des dégâts proportionnels à la masse et à la vitesse.

L'exemple historique le plus connu est celui de la Toungounska, survenu en 1908 en Sibérie, perçu par ses rares habitants, mais étudié par une expédition scientifique vingt ans plus tard. Autour du point d'impact, des arbres étaient couchés comme les rayons d'une roue, sur des milliers de kilomètres carrés. D'autres recherches, depuis, ont retrouvé dans le sol du point d'impact de la matière météoritique, et des remaniements dus à l'intense compression.

Ce n'est pas parce qu'en Sibérie il y a de la place qu'un tel fait ne peut survenir dans un petit coin de France, occupé par une grande usine d'engrais. Si la probabilité est plus que faible, elle n'est pas nulle. Le temps mis à étudier la Toungounska autorise une recherche tardive sur le site d'AZF. De toutes les traces d'un impact, qui a produit des effets sismiques plus élevés que ceux de l'effondrement des twin towers, à New York, en Septembre 2001(information recueillie par Google)

Sceptique

P.S. Ce billet a été mis en ligne, plus sommaire, et sous un autre titre, il y a quelques jours. Mon insistance se fonde sur la mise en cause d'hommes que je crois innocents.