Philippe Martinez, le "patron de la CGT, a une définition particulière du travail. Une occupation, pas trop fatigante, et la mieux payée possible, fournie aux travailleurs par des entités dédiées à cette fourniture, les entreprises, et l'État. 

Les objets de l'occupation, productions ou services, leur destin, sont indifférents. Le paiement des salaires, les cotisations sociales, les congés payés, referment le chapitre. L'Èconomie avec un grand É, n'existe tout simplement pas.

Non seulement il ne voit pas la nécessité d'une rentabilité d'une activité quelconque, mais la question est tout simplement indécente. L'Économie, si on veut l'appeler ainsi, doit être une source au flux constant, suffisant, et inépuisable. Ce qui se passe en amont, et en aval, n'est pas à considérer.

Il ne comprend donc pas cette manie qu'ont les patrons, les économistes, et les politiques, de se préoccuper d'un meilleur fonctionnement de la machine à faire des emplois. La machine doit faire des emplois, point-barre.

Les politiques et les économistes ne doivent avoir aucune autre préoccupation que d'empêcher les entreprises de fermer, de laisser en plan leurs salariés. L'idéal serait que la société les prenne en charge, assure le financement des salaires, la fiction d'une activité, la présence des salariés à leur poste. Les productions et les services n'ont plus d'importance.

Que les politiques, chargés des affaires courantes des autres catégories d'habitants, accomplissent cette tâche, mais ne se mêlent pas de ce domaine réservé des syndicats. Qu'ils abandonnent la prétention de gouverner le pays qui leur a été confié par ses citoyens électeurs. Les travailleurs en font partie, mais relèvent de l'autorité de leurs syndicats. Qui disent les droits, séparés de la politique.

Le Président de la République n'a pas de compétence dans ce domaine . S'il veut s'en mêler, ça chauffera pour lui, il est prévenu. Sa légitimité est supplantée en ce point*. C'est, en tout cas, ce qu'a rappelé Philippe Martinez, fort de l'expérience du précédent quinquennat.

Sceptique

* Élie Cohen, économiste, analyse sur le site Telos, les prémices du bras de fer entre Emmanuel Macron, le bien élu, et l'armée syndicale (qui ne fait pas partie de celles dont le Président est le chef légitime). Se référant au passé, il n'est pas du tout optimiste pour l'avenir. Il faudra pourtant bien trancher entre les pouvoirs. Ce sera une question de volonté, de résistance, et de tactique.

Le peuple souffrira, criera grâce....comme toujours.