Pour être élu, il faut parler, parler, parler. Et, une fois élu, le meilleur, le plus malin, s'aperçoit que sa parole ne s'envole plus, se transforme en béton, ou en plomb. 

Les électeurs sont rentrés chez eux, satisfaits ou furieux, mais l'élu se retrouve seul ou presque, face à ceux qui ne l'ont sûrement pas choisi, et se jurent de l'empêcher de faire ce qu'il a promis.

Même s'ils respectent les formes, ils ne dissimulent pas les armes dont ils se serviront pour imposer leur point de vue. Le bras de fer contre le pouvoir légitime commence.

Les problèmes de notre pays ont assez d'ancienneté, pour qu'il n'y ait pas de surprise de part et d'autre. Les programmes se séparent en deux grands ensembles, des réformes visant à lever les obstacles qui s'opposent à notre prospérité, et à la reprise de l'emploi, premier motif de mécontentement de notre société française. Et les contraires, qui renforcent les verrouillages, et les "après nous, le déluge".

Malheureusement, il y a une franche fracture entre les réformistes, qui veulent enlever les obstacles qui entretiennent l'atonie de notre économie marchande, et les conservateurs, qui préconisent un emploi public pour tous...ceux qui le veulent. Par chance, en effet, certains ne veulent pas d'un emploi public.

Mais ne pas aller au devant de ceux qui ne sont pas demandeurs ne suffira pas. Les comptes publics forcent la main aux responsables, en poste, ou juste désignés. Il faut faire baisser la dépense publique, et le premier moyen est de diminuer les effectifs de fontionnaires. 

Ils sont encore, électoralement, minoritaires, et leurs élus fidèles et dévoués le sont aussi. Il faut qu'ils reçoivent le concours d'un nombre suffisant d'élus sympathisants, pour tenir à distance les méchants ennemis.

C'est rare à la sortie des urnes, et il faut donc préparer une résistance à la promesse des élus de réduire les effectifs de la fonction publique....suffisamment pour que la dépense baisse significativement.

On attendait, cette fois-ci, après cinq ans de gouvernement dépensier et démagogue, une saine réaction.

Je ne referai pas la bande dessinée qui raconte la tumul-tueuse campagne présidentielle. Le premier tour fut amer, le second fut un boulevard pour un tout juste, mais brillament sorti de l'École, batailleur et séducteur en diable. On attendait, la sueur au front,....le Front National, en la personne de sa Présidente. Ce fut le jeune premier amiénois qui rafla la mise. Et nous épate depuis, jour après jour.

Sur le chemin qui mène à "inverser la courbe du chômage", le schmilblick de notre République, il y a la levée des obstacles dressés devant les entreprises pour leur éviter de tomber dans le péché, garder pour elles le fric gagné. Pauvres, puis, en faillite, tel est leur saint destin.

Les plus sages de nos politiques sont ceux qui veulent le changer . Et permettre aux entreprises de se gérer au mieux de leurs intérêts. Le Président Emmanuel Macron en est convaincu. Mais la majorité de nos syndicats est tout à fait hostile à ce tapis rouge. Pas question de lâcher les baskets aux employeurs, car ils se sauveront. Ça arrive de temps en temps et ça fait mal.  On leur dit: "si les prisons étaient des hôtels cinq étoiles, il n'y aurait pas d'évasions". Ça ne les convainc pas.

Le Président Macron a donc pris langue avec les redoutables dirigeants syndicaux. Ils ont l'air de ne pas être trop mécontents. "Il nous a écoutés"", disent-ils, en choeur.  On se doute bien de ce qu'ils ont dit en réponse. "Pas question!"

Maintenant, comme prévu, il se tait, il met en place les instruments d'un pouvoir politique.

La suite à la fin des vacances!

Sceptique