Le jugement de Pascal doit changer de formulation, car il n'est plus une alternative, mais un choix réel, et conscient. L'homme reste homme, même quand il choisit de "faire l'homme". La pression sociale impose une place à l'ange. Il est important de l'être aux yeux des autres.

Un psychanalyste de mes relations affirmait: "l'homme est le seul animal capable de feindre de feindre." J'avoue que je ne suis pas parvenu à me représenter ce comportement, que j'étais supposé connaitre et utiliser, d'instinct. 

Qui n' a pas traversé un moment de sa vie en espérant faire "une bonne affaire"? Définie par l'existence d'un préjudice, même mineur, pour l'une des parties. Il y a du noir dans les deux âmes, mais pas dans les mêmes proportions.

Il est patent, de nos jours, qu'avoir fait une bonne affaire dans sa vie est un boulet que l'on traine, et que, jeté avec dans le fleuve le plus proche, "on" disparaitra à jamais.

Ça vient de se passer dans la première phase de notre élection présidentielle. Son résultat a été radicalement modifié. Et si, maintenant, il est trop tard pour faire annuler l'élection par un tribunal, mettre "à poil" un ministre, est, au moins, un coup dur pour celui qui en est encore à jeter les bases d'un pouvoir bien acquis (qu'on dit!).

Un ministre du premier gouvernement nommé, un fidèle parmi les fidèles du président, aurait ainsi, fait faire une bonne affaire à sa femme, il y a quelques décennies. "Elle" avait formé à la hâte la société "ad hoc", pour régulariser une transaction "verbale". Il n'y avait pas réellement de victime, mais, par contre, une chanceuse, pour ses débuts dans la profession d'agent immobilier.

Bizarrement, les représentants locaux, compétents, du redoutable PNF, ont repoussé d'un pied méprisant l'affaire proposée. Pas d'heures supplémentaires pour ce cas. L'Ange Gardien a veillé sur le nouveau-né.

Je dis, "tant mieux!". Nous nous sommes choisi un jeune Président "extra", qui fait des envieux. Qui est gonflé à bloc, condition nécessaire pour faire quoi que ce soit, en France. 

Il fut un temps, long, et ancien, où pactiser avec le diable était très "in". Quand une affaire réussissait, contre toute évidence, les allusions à un coup de pouce de Lucifer, rassuraient tout le monde. L'aléa de l'intervention diabolique sauvegardait les autres, négociables, plus chèrement, avec les saints.

Dans le monde d'aujourd'hui, on pose le principe que seuls les mérites du demandeur* doivent être déterminants. Par exemple, pour vendre des sous-marins, ou des avions "Rafale".

Dans l'affaire qui chahute le premier gouvernement du Président Macron, il n'y a que cette très vieille histoire de bonne affaire, réalisée par un fidèle du futur Président, un compagnon de route vers le sommet. Un sherpa, quoi!

Fermez le ban!

Sceptique

*De nos jours, pour ce type de marchandise, le producteur est le demandeur, le client discute (à la baisse) le prix de vente, et les compensations.