J'écoutais, cet après midi, une nouvelle émission de LCI, consacrée aux partis en compétition. Celui qui ouvrait la série était La France Insoumise, de Jean-Luc Mélenchon. Représentée par Alexis Corbière, et fleurie par une belle passionaria blonde, tout droit sortie d'un arrondissement huppé de Paris.

Quand les femmes aiment, elles aiment. Alexis Corbière ne pouvait qu'être aux anges. Sa conviction d'arracher la majorité des sièges, et de contraindre le Président Macron à une humiliante cohabitation, était attendrissante.

Les Républicains qui l'écoutaient, qui revendiquent, aussi, un succès électoral rabattant le caquet du séducteur d'un jour, ont du grogner. Mais, sans douter de LEUR victoire.

Je suis, sans doute, un homme de peu de foi, mais mon expérience de la vie politique française depuis 1958 se consolide d'élection en élection. L'état de grâce ne dure que quelques semaines, mais englobe, jusqu'à ce jour, les législatives. L'essentiel est de faire un sans faute pendant ce vide politique. 

Comme Emmanuel Macron, tous les présidents élus ont inauguré leur quinquennat par leur présentation à leurs partenaires du monde. Les affaires étrangères seront leur chasse gardée. Les affaires intérieures, sauf extrême urgence, sont mises en réserve. Tout au plus, on réfléchit sur l'usage des bombes léguées par le prédécesseur. Comme le prélèvement à la source, cette année.

Les médias ne nous privent pas des exploits de notre Président, à l'occasion des conférences internationales. Sa résistance à la poignée de main broyeuse de Donald Trump, ses traits d'esprit et ses bons mots, de ci, de là, sa résistance à la fatique. Une présidence, une épreuve sportive, ça se vaut.

Il faut donc vraiment se forcer pour imaginer une réduction à une cohabitation, à l'issue des élections législatives. Elles seront compliquées par la multiplication des candidatures, accompagnant la désagrégation des formations politiques de l'avant-Macron, et la multiplication de leurs clones. Sans oublier "La République en marche", des fidèles, anciens, et nouveaux, du Président.

Sa dynamique devrait influer sur le résultat, une nouvelle majorité, une nouvelle opposition, complexe, faite des nostalgiques de la droite, de ceux de la hollandie.

Sceptique