Monsieur le Président,

Vous avez fait briller la raison française au G7 et à Versailles, et confirmé à la fois votre compétence et votre raison.

Mais vous avez été porté au pouvoir par un peuple rongé par la haine depuis des années, haine entretenue, chauffée, par ceux qui en vivent, qui exercent à travers cette passion, une domination des esprits.

Votre refus de rester prisonnier de ce pouvoir occulte, qui passe son temps à disqualifier les représentants légitimes du peuple français, dont vous même, en montant des dossiers d'accusation, dont ne veulent pas les juristes interpellés, doit s'accompagner d'une prise de parole, d'un rappel à la raison.

Nous avons vécu pendant des décennies dans l'illusion naïve qu'on pouvait faire de la politique avec des sentiments, sans ce méprisable argent qui pourrissait tout ce qu'il touche.

Le résultat a été cette succession d'affaires de fausses factures, d'emplois fictifs, pouvant faire vivre des collaborateurs précieux des partis politiques.

Mais la réforme, l'assainissement du financement de la vie politique sous ses diverses formes, n'a pas effacé les "combines" utilisées, individuelles ou collectives. Leur souvenir traine comme autant de boulets, que chaque parti jette sur les autres, dès que la concurrence fait pencher la balance. À tel point que ce mot a pris le sens de dénonciation.

D'autres attaques, indirectes, visent votre légitimité. Cette misère, grave et urgente, qui frappe les personnels des transports de carburants, et immédiatement l'activité économique, est essentiellement un avertissement qui vous est adressé, un ordre de renoncer aux réformes de ce qui entretient le chômage de masse.

Il faut que vous fassiez appel au peuple qui vous a apporté sa confiance, lui rappeler que l'assainissement de nos habitudes est au futur, et non au passé, sous forme de procès et d'exclusions, sans considération de compétence, sans droits à la défense.

Votre présidence doit être le triomphe de l'intelligence sur la médiocrité des sentiments, sur l'atavisme de la haine, le pire de tous. Sinon, à quoi bon se gargariser de Fraternité?

Votre entrée fracassante dans notre présent et notre futur, a mis une sourdine au scepticisme, auquel aboutit ma réflexion sur notre espèce, sur la vie collective qu'elle a créé par nécessité.

Je ne me dis pas, "ça continue!", on n'en sortira jamais. Dites nous nos vérités comme vous l'avez fait avec Trump et avec Poutine.

Sincèrement vôtre, Sceptique.