C'est un thème récurrent, appartenant spécifiquement à la droite. Il doit bien arriver à la gauche d'y penser, mais elle ne va pas plus loin, de crainte d'y laisser des plumes.

Un jeune avocat, spécialiste de la question, oeuvrant aux prud'hommes, m'a dit :"il n'y a aucun texte encadrant l'action syndicale*.

Surpris, et ruminant cette affirmation "énorme", j'ai interrogé un ami magistrat. Mais si, mais si, m'a-t-il affirmé,.....la Loi de 1898!

Les moyens d'aujourd'hui permettant n'importe quelle recherche à n'importe qui, , j'ai tapé "loi de fondation du syndicalisme", et, une poignée de secondes plus tard, j'ai vu apparaitre UNE page, dans la typographie de l'époque: la Loi d'autorisation de fondation des syndicats. Aucun détail, sur leur composition, leurs droits et leurs devoirs. Une préoccupation, en annexe, concernant leurs acquisitions immobilières.

Par expérience, je sais que les organisations syndicales professionnelles sont régies par la Loi des Associations de 1901. Les syndicats de salariés sont régis par celle de 1898, simplissime.

Pourquoi cette réserve des législateurs? J'imagine que son accueil fut très frais, ou très houleux. Sa mise en oeuvre dut être réservée à ses partisans, les partis de gauche. Ils se "débrouillèrent" avec, et ça continue.

Toute la problématique liée à l'action des syndicats, mal aimés, mais craints, repose sur ce flou juridique. Leur responsabilité, tant envers leurs mandants, en majorité anonymes, qu'envers les "objets" de leurs actions, les entreprises, ne peut être établie. Le syndicat n'est pas supposé indemniser l'entreprise mise en faillite, ni les salariés mis "sur le carreau". Seules les entreprises, leurs propriétaires, conservent leur responsabilité financière. Il peut toujours leur être reproché d'avoir résisté.

Quand elles sont de dimension internationale, implantées dans divers pays, elles peuvent user de la possibilité de déplacer leur production. Grâce à la pratique de l'amortissement, la valeur comptable des bâtiments peut être nulle. Les machines, sans valeur comptable, mais productives, constituent un enjeu, très surveillé. Mais au bout du compte, un conflit qui reste sans réglement, qui aboutit à la fermeture d'une usine, est une perte sèche pour l'ensemble de l'économie régionale et nationale. Les indemnisations obtenues par les salariés ne les mènent pas très loin.

C'est cette constatation que les salariés sont toujours perdants, même s'ils ont obtenu l'abandon entre leurs mains de l'usine, qui devrait faire réfléchir les jusqu'auboutistes de la lutte**. 

S'ils ne le font pas, c'est généralement par idéologie, mais aussi parce qu'ils ne risquent rien. Leurs mandants de quelques mois, le plus souvent non cotisants, ne peuvent les attaquer, pour faute, en justice.

Cette irresponsabilité arrange patrons et syndicats. Les dindons de la farce sont les salariés.

Ce qui me frappe, c'est que cette évidence est mise sous le coude par tous les responsables-sans-risques, syndicalistes, patrons, et politiques.

L'audace, et l'aptitude à convaincre, qui, jusqu'ici, ont accompagné le Président Emmanuel Macron font espérer une décision d'ouvrir ce dossier, dès que son pouvoir sera complété par une majorité parlementaire.

Le "minimum vital" d'une réforme serait l'adhésion obligatoire à un syndicat de son choix, la signature des syndicats pour que leurs adhérents soient concernés par les avancées, la responsabilité civile et pénale des organisations syndicales des deux parties, salariés et patronat. Un coup de tonnerre dans un ciel....orageux.

Sceptique***

*Ce "vague" permet tout. Il y a de temps en temps des violences sur les personnes. Les responsables syndicaux voudraient que leur contexte les excuse systématiquement, les exempte de poursuites. Et s'il y a meurtre? Blessures graves avec séquelles?

**Ceux qui récusent le droit de propriété se placent dans la position la plus logique, la plus commode. Les entreprises n'appartiennent qu'à leurs salariés. 

***Je ne peux pas changer de pseudo chaque fois qu'il n'a plus de sens!