C'est un sujet récurrent, une obsession qui accompagne, ou poursuit, la vie de notre démocratie, depuis des décennies.

Des lobbyistes lâchent sur internet des descriptions apocalyptiques du "pognon" ramassé par nos élus de tous niveaux. Vrais, ou faux, les chiffres ne sont accompagnés d'aucune analyse, d'aucune comparaison avec les systèmes politiques comparables.

"Ils" doivent donner l'impression que le système a un prix exorbitant, qu'il garantit aux élus un niveau de vie de nababs, en contrepartie d'un travail et d'une responsabilité quasi nuls.

À chaque élection, il est vrai, cet argument, trop d'argent mal gagné, sert à attaquer les "sortants", dont de nouveaux candidats voudraient bien la place. Pour être honnêtes, eux, évidemment.

Comme le quinquennat de François Hollande s'est terminé dans une atmosphère particulièrement haineuse, ce genre d'arguments a été très utilisé, et l'électorat en a été impressionné. Ça a profité à Emmanuel Macron, malgré quelques ragots bien ficelés. Et comme ceux qui devront former l'infanterie du nouveau Président sont pour la plupart des illustres inconnus, il est apparu très important à ceux qui les sélectionnent, de vérifier leur pureté passée et présente. Et Dieu sait la difficulté de la pureté. "L'esprit est prompt, mais la chair est faible"!

Le mouvement "La République en Marche" a inauguré la demande du casier judiciaire des candidats députés. Le Garde des Sceaux, François Bayrou, chargé de préparer la Loi pour la moralisation de la vie publique, l'a donc placée dans son schéma. L'Assemblée Nationale avisera.

Un article du site Telos épluche le système de retraite spécifique, que se sont concoctés les parlementaires eux-mêmes. Tout de suite attaqués sur ce privilège, nos parlementaires en ont pris la défense. Il s'avère qu'ils ont "doré la pilule". Leur système est déficitaire, et le déficit est payé par le budget national. Comme beaucoup d'autres, bien défendus. Notre société étant divisée entre les services publics et ceux qui n'en sont pas, il vaut mieux être "in", que "out"!

Le Président Macron veut, aussi, "déprofessionnaliser" les fonctions électives, en limitant à trois le nombre de mandats identiques. Conscient des compétences acquises par les briscards des divers niveaux d'élus, je ne jurerais pas que c'est une bonne idée. Le "turn over" des élus s'accélérera, mais pour quel bénéfice? L'air frais que fait souffler notre jeune Président, inconnu des électeurs il y a deux ans, va propulser un certain nombre de changements, de nouveautés. Une des qualités que je lui reconnais est de ne pas être têtu, obstiné. Je crois qu'il saura sabrer dans ce qui ne marchera pas. Il n'en chargera pas son successeur...qui, pour le moment, devrait être lui-même.

Il est certain qu'en France, il ne faut pas trop compter sur la vertu de qui que ce soit. Nous avons une longue tradition d'arrangements avec le ciel. D'une discrétion admirable.

François Bayrou, précocément poussé à la retraite de la vie politique, sans avoir pu couronner sa carrière par une Présidence de la République, a trouvé auprès de son jeune concurrent, un "bel ouvrage".

Je reste "Sceptique", mais c'est pour le coup qu'il faut s'obstiner, sans franchir la limite de la caricature.

Sceptique