Pour le mouvement du Président, le succès annoncé sera sûrement exceptionnel. Mais logique. Les électeurs français n'ont aucune raison de ne pas donner au Président choisi, les moyens humains d'accomplir ce pour quoi il a été élu. Les législatives conforteront son mandat.

Dès qu'il s'agit du vivant, une action détermine une réaction. La déception produite par le quinquennat de François Hollande, les actions judiciaires contre François Fillon, les outrances de Marine Le Pen, ont déterminé une réaction qui s'est concentrée sur le jeune candidat, par ailleurs porteur d'idées neuves, et capable de convaincre. Le désir de changement s'est rassemblé, spontanément ou par défaut, sur la personne d'Emmanuel Macron. Son "équation personnelle" a fait le reste, une convergence sur sa personne des deux tiers des votants du second tour de la présidentielle. 

Et, depuis son investiture, "il fait le Président", il répond à l'attente qui s'est portée sur son nom.

Ce qui va se passer, selon les sondages, marges d'erreur comprises, me rappelle "la chambre introuvable" qui a suivi le "bordel" de Mai 1968, la prise en mains du pays par la CGT et le PCF, la dissolution de l'Assemblée Nationale par un De Gaulle revigoré, ressaisi.

Les élections qui ont suivi ont installé à l'Assemblée Nationale une majorité écrasante de députés gaullistes, parmi lesquels beaucoup étaient des néophytes, portés par une "réaction" au désordre, à l'humiliation du pouvoir légitime.

Les cinq ans languissants de la Présidence Hollande, les attentats islamistes, et le foutoir (pour ne pas me répéter) organisé par l'extrême-gauche, ont poussé celui qui représentait le nouveau, puis, dans la foulée, le renouveau.

Malgré mon ancienneté, malgré le précédent, plutôt long, de la quatrième République, tout ce qui se passe dans la rue, manifs, grèves, émeutes, casses diverses et systématiques, sécessions de jungles pouilleuses, sous des prétextes divers, me trouble, m'inquiète, me désespère de notre nation incohérente. Mais quand l'écume retombe, qu'apparait l'armature de l'État, qu'un "OUF" prend son ampleur, je me dis que nous avons bien de la chance de l'avoir!

Cependant, j'en veux aux responsables, aux commandes, de laisser pourrir ces situations d'anarchie en apesanteur, d'attendre le désespoir des gens ordinaires, avant de donner les ordres qui ramènent le calme.

Cette complaisance envers les casseurs de toutes obédiences me semble profondément injuste. La force prime le droit pendant le temps de tout casser, et quand tout est en miettes, les casseurs s'esquivent, regagnent la maison familiale, se reposent de leur énorme fatigue.

La masse des gens tranquilles sera autorisée à payer les réparations. Et à la suivante!

Est-ce qu'un jour, enfin, ça changera?

Sceptique