C'est un concept freudien. Freud donnait à ce scénario l'explication de l'ordre qui semblait régir les sociétés, l'exogamie qui faisait quitter leur famille par les hommes, pour prendre femme dans une autre. Et réciproquement. Cet ordre que nous avons toujours sous les yeux, résultait d'une révolte contre un ordre ancien, où les pères accaparaient toutes les femmes, et frustraient leurs fils.

C'est évidemment une fiction. Les sociétés les plus archaïques organisent le mariage des fils et des filles. Ce qui est problématique, ce n'est pas cette affaire de satisfaction d'un besoin, mais le statut civique des fils adultes. Pouvant rester "mineur", tant que le père est vivant. Dans certaines sociétés, encore aujourd'hui, le frère ainé hérite des prérogatives du père.

Nous avons oublié que l'abrogation de cette hérarchie s'est produite, de fait, à l'occasion de notre Révolution.

Le concept de majorité en a été la trace. Le passage de la minorité à la majorité a été avancé de trois ans il y a moins de cinquante ans. Si on parle de l'avancer encore, ce n'est pas pour une raison positive. La délinquance n'attend plus le nombre des années.

Notre société reste structurée par les tranches d'âge. Statistiquement, le pouvoir est entre les mains des plus âgés. Exceptionnellement, et brutalement, il peut être arraché de leurs mains par un plus jeune. C'est ce que nous venons de vivre.

Un homme jeune, et d'une intelligence nettement supérieure à la moyenne, a été pris en estime et sympathie par un chef d'état, par lui-même indécis, frappé de procrastination, et, du coup, "consommateur" de talents plus affirmés, plus dynamiques. Mais tenté, naturellement, de dissimuler son déficit de volonté, d'esprit de décision. 

Hélas pour lui, ces insuffisances n'ont pas échappé au jeune homme embauché, pour le servir. Pas pour le remplacer.

"Il" est parvenu à la conclusion que son mentor ne ferait jamais rien, quelles que soient l'urgence ou la nécessité. Un beau jour, il lui a "rendu son tablier", et a déclaré urbi et orbi, qu'il fondait son propre parti, en vue de sa candidature à la présidence de la République Française, seul moyen de faire quelque chose pour elle.

Nous arrivons au terme de ce scénario. Le jeune homme est Président de la République, et le premier tour des élections législatives, malgré, ou grâce à, une forte abstention, lui promet une majorité écrasante pour les cinq ans de pouvoir présidentiel qui lui ont été confiés.

Ce sont les partis, "traditionnels", qui mordent la poussière, qui ne retrouveront pas leur pouvoir législatif. Le rêve, de certains, de pouvoir empêcher le président d'exercer ses pouvoirs, est tombé à l'eau.

Le père, aux personnalités multiples, a été mis à la retraite d'office, et le fils, émancipé, libéré, va le remplacer.

Nos sociétés modernes en ont accepté l'éventualité. Mais qui reste exceptionnelle. Notre pays va en faire l'expérience, mais pacifiquement, par comparaison avec la précédente, Napoléon Bonaparte.

Sceptique*

*La pression des événements a bousculé mes questions sur la continuation de ce blog. "Encore un peu de temps, mes fils et filles!"