Si les médias continuent à "gloser" à partir des faits et gestes du Président, et de son gouvernement, le sentiment qu'il ne se passe rien reste tenace.

Si, quand même, pour le campagnard que je suis, un arbitrage du chef du gouvernement, forcément conforme à la pensée du Président, m'a fait réagir. 

Il s'agissait des produits phyto-sanitaires, plus précisément des "rétro-nicotinoïdes", très efficaces en prévention des ravageurs, que la France, fille ainée de l'église écologique, a décidé d'interdire, prenant une avance (c'est notre fierté), sur les experts de l'union européenne.

Notre Ministre de l'Agriculture, pensant à ses ouailles, voulait attendre la décision définitive de Bruxelles. Mais notre Ministre d'État à l'Environnement, Nicolas Hulot, pesait de son poids (moral), pour une interdiction immédiate. Le Premier Ministre, Édouard Philippe, a arbitré en faveur de Nicolas Hulot, très logiquement indifférent aux objections des cultivateurs. Qui seront privés, séance tenante, de ce protecteur de leurs cultures.

La corporation des apiculteurs est vent debout contre ces pesticides, les accusant d'être à l'origine de ravages subits anéantissant des ruches entières, catastrophes dont "on" déduit que les abeilles, précieux auxiliaires de hommes, sont en voie de disparition.

Mon opinion ne se fonde que sur mes observations d'un territoire modeste, les mille-cinq-cent mètres carrés de mon jardin. Où je laisse pousser, à peine disciplinées, toutes les fleurs réputées "mellifères", également catégorisées "mauvaises herbes".Interdites, maintenant, dans les champs. Dont les produits doivent être propres.

Je n'ai pas été étonné par l'afflux d'abeilles et de butineurs divers, venant faire leurs provisions dans ces fleurs sauvages, en pleine forme. 

J'ai questionné, aussi, des apiculteurs locaux, venant vendre, à un prix très raisonnable, leurs productions. Ils ne se plaignaient d'aucune difficulté particulière.

D'une manière habituelle, il y a toujours des offres de miel sur les rayons des diverses surfaces consacrées à l'alimentation. Certains sont importés. Les prix se tiennent à des niveaux normaux. Je n'ai noté aucune hausse brutale, récente.

À quoi riment, donc, ces campagnes alarmistes diffusées par les associations professionnelles d'apiculteurs? S'il y a un problème, c'est celui de la matière première des abeilles, les fleurs et leur nectar. Elles savent toujours les chercher. Mais pour qu'elles les trouvent, il faut qu'il y en ait, en quantité suffisante.

Paradoxalement, c'est la campagne qui en fournit le moins, maintenant. Les villes, en proportion de leur surfaces disponibles, font beaucoup mieux.

Il y a peut-être des inconvénients, de pollution, en particulier, justifiant des efforts pour rétablir un équilibre végétal dans nos campagnes. Mais sans tracasser davantage les producteurs. Ce ne sera jamais avec le nectar des fleurs sauvages qu'ils gagneront leur vie.

Sceptique