Ce Président inamovible, survivant, car le plus jeune, des dirigeants du FLN, mais bien malade et fragile, voudrait bien, avant de mourir, entendre d'un responsable français, un acte de contrition embrassant tous les faits allant du débarquement à Sidi Ferruch aux accords d'Évian, et à la création de la République Algérienne.

Notre jeune Président, qui ne l'était pas encore, l'a mis en appétit, en proclamant à l'occasion d'une visite à Alger, "que la colonisation avait été un "crime contre l'humanité".

Si les dirigeants algériens ont bu du petit lait, une masse notable de français a refusé de se voir criminels, et l'a fait savoir fermement à Emmanuel Macron. Qui n'a pas insisté, et a récupéré, gâce au vide de l'offre présidentielle, la sympathie et la confiance des deux tiers des électeurs décidés à voter.

Il est maintenant notre Président, avec toutes les responsabilités que cette fonction comporte. Le "France-bashing" n'est plus de mise."On" a du combler ses lacunes en histoire, lui en présenter des nuances d'interprétation.

Satisfaire le Président Bouteflika au prix d'une perte de sympathie d'un bon nombre de français, descendants des pieds-noirs rapatriés dans les années 1960, et anciens combattants ayant servi dix-huit mois au plus sur les champs de bataille de l'Algérie (pas très plats!), je pense que notre Président, échaudé, ne s'y prêtera pas.

Le phénomène de la colonisation est presqu'aussi vieux que l'espèce humaine. Notre pays est né d'une colonie romaine, tombée entre les mains de guerriers germains, aspirés par le vide politique et militaire d'une Rome en déclin, ayant déjà perdu, pour un temps, toute la partie orientale de ses conquêtes.

Il a redémarré avec la découverte des continents américains, proposant des territoires pleins d'or aux appétits européens. Ce fut la curée, et la cause d'une nouvelle traite des noirs.

Un nouveau bond, plus économique, plus à la recherche de marchés, que de terres à cultiver, occupa les deux tiers de notre dix-neuvième siècle. Les conquérants semèrent dans leurs conquêtes les arguments propres à s'en faire chasser. Ce qui fut fait dans la foulée de la seconde guerre mondiale.

Le problème d'aujourd'hui est qu'une infime partie des "décolonies" est satisfaite, et satisfait leurs peuples.

Ce qui a résulté de déséquilibres des rapports de forces, politico-militaires, ou économiques, s'est corrigé grâce à la correction "naturelle" des dits rapports de forces. Les insatisfactions ont d'autres causes, nouvelles, ou d'expression nouvelle. On ne peut que constater le degré élevé d'insatisfaction, sans solution.

Cette insatisfaction est elle nouvelle? C'est la possibilité de la penser et de s'en plaindre, qui l'est. L'humanité gémit, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, et ses gémissements, plus intenses, au niveau de vociférations, s'entendent, maintenant.

Ma position personnelle est que maudire les auteurs* de l'histoire ne sert pas à grand-chose. Espèce "dérégulée", dominant la nature, l'humanité bute sur les obstacles qu'elle sème....et qui lui résistent. Chercher la faute de "l'autre" distrait, soulage, donne l'illusion de faire justice. Un plus d'illusions n'est pas une solution.La conquête de l'Algérie, en 1830, en fut une, comme bien d'autres.

Sceptique

*Une page d'histoire, par son horreur, par sa programmation détaillée, ne doit pas être oubliée, ou banalisée, la "shoah", la programmation de l'extermination des juifs, par Hitler, et ses fidèles.