Depuis sa prise de fonctions, une forte partie de son activité est consacrée aux commémorations d'événements dramatiques, dont une partie est largement antérieure à sa naissance. Il n'empêche qu'il parvient à les faire revivre, mais d'une manière apaisée,  et cependant propre à susciter une forte émotion, écho de la sienne.

Aujourd'hui, lendemain de la commémoration de l'attentat de Nice, il y a un an, c'est celui de la rafle du Vel d'Hiv, préparée et actée par la police de Paris occupé, à l'instigation du gouvernement de Vichy.

Plus personne, aujourd'hui, ne conteste la responsabilité de ce gouvernement né de l'effondrement de nos armées en Mai-Juin 1940, et de l'armistice que le Maréchal Pétain a jugé nécessaire. 

Mais il a reçu pour son fait le soutien encombrant de tous les hommes politiques favorables au système allemand qui venait de faire ses preuves. Collaborer avec lui ne s'arrêterait pas à la gestion partagée de la zone occupée. La collaboration devrait s'étendre aux buts de guerre de l'occupant. Parmi lesquels l'extermination des juifs, en particulier ceux qui avaient quitté l"Allemagne et l'Europe Centrale après l'installation du régime hitlérien et de gouvernements sympathisants.

Depuis l'été 1941 l'Allemagne hitlérienne était entrée en guerre contre l'Union Soviétique, avait pénétré profondément son territoire. La dépendance de l'occupant à l'égard des occupés avait augmenté. À la hausse de ses exigences s'associaient celle de l'offre des occupés acquis à la cause nazie. Peu à peu, le Gouvernement de Vichy, gardien des intérêts des français, de la zone libre, mais aussi, autant que possible, de ceux de la zone occupée, cherchait à satisfaire ceux de l'occupant. L'idéologie nazie y état de plus en plus représentée et partagée.

La collaboration policière a commencé par la constitution de fichiers des juifs français et étrangers installés à Paris, et se faisant les plus discrets possibles. L'instrument est ensuite passé entre les mains des politiques soucieux de complaire en en faisant plus. L'idée d'une rafle et de l'offre de son produit à l'occupant s'est concrétisée, est devenue soudainement une réalité, un fait accompli. Personne, maintenant, ne peut l'ignorer.

Depuis qu'il est Président de la République, Emmanuel Macron s'efforce de ressusciter ce passé, non pas pour diviser les français, mais au contraire, dans son esprit, pour les réunir dans le serment d'extirper la haine, de refuser son pouvoir. 

Critiquer, rejeter nos épisodes de haine, en reconnaissant leur inanité, leur horreur, est, selon lui, le moyen de retrouver notre unité, notre capacité à vivre ensemble. Pour le bien de notre peuple, il faut cesser de rêver d'en exclure une ou plusieurs parties. 

Se confesser d'abord, se repentir, se promettre de ne pas y retomber, on ne peut que reconnaitre dans ces termes nos fondements. Qu'ils soient mis à mal par l'actualité n'est pas un argument.

Voilà ce qu'a dit avec conviction et chaleur, notre Président, à midi, aux descendants des victimes, aux descendants des responsables, peut-être, aux descendants des témoins, que nous sommes en majorité. 

Assez facilement rongés, encore, par la tentation de mettre en cause "les autres".

Sceptique

*À l'occasion de cette cérémonie, en présence de Mr Netanyahou, Premier Ministre d'Israël, le meurtre du Dr Halimi une femme médecin âgée, torturée, puis défenestrée par son assassin, a été évoqué comme antisémite, ce qui n'était pas niable.

Mais l'assassin a été reconnu comme malade mental, au jugement altéré. Il a donc été seulement interné, ce qui soulève des protestations radicales.

L'antisémitisme exprimé par l'assassin prévaut-t-il sur la maladie mentale reconnue? 

Les malades mentaux ont très souvent des interprétations persécutives de leur vécu, et une fixation sur une catégorie comme "les juifs", est très possible, surtout si la culture y prépare. Peut-on décider que le sentiment antisémite balaye toutes les autres circonstances du passage à l'acte? Peut-on affirmer que l'assassin serait passé à l'acte en dehors de toute crise de démence? L'application à l'assassin du DrHalimi de la Loi de 1990 (remplaçant celle de 1838) ,doit elle être refusée, parce qu'il a invoqué la guerre sainte? Il me semble que l'avis multiple d'irresponsabilité pour état de démence au moment des faits, ne peut être frappé d'exception.