Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse, ne se trompait pas en accolant, symboliquement, l'argent, et les excréments. Si l'argent n'a pas d'odeur, son possesseur pue le fric!

Ce sujet a prudemment été mis de côté au mement de la campagne. De tous côtés, on est resté dans le flou, (ou le "yakaka"!)*

Tous ceux qui ont essayé de faire chuter Emmanuel Macron sur ses moyens ou ses antécédents, personnels ou familiaux, n'y sont pas parvenus. La jalousie, l'envie, sont à double face. Si on fait semblant de mépriser l'argent, quand on n'en a pas de trop, la "chance" qu'on place à l'origine de toute fortune, motive l'achat du billet de loto.

De toutes façons, pendant les premières semaines suivant la victoire, "on" n'en a pas trop parlé. Tout le pays, tout son monde politique, se ravissait des premiers pas du jeune président dans ceux de ses prédécesseurs. Il ne s'était pas cassé la gueule. Bon pied, bon oeil!

La cérémonie du 14 Juillet a été nettement plus rude. Un peu avant, une ligne de crédits de 850 millions d'euros, destinés aux armées, en fait déjà dépensés, a été supprimée. 

Il parait que c'est une pratique courante des finances de la France. Les crédits des armées "servent de variable d'ajustement" pour les cantonniers de la finance publique. Là, ils bouchent un trou, avec le matériau de celui qu'ils ont creusé un peu plus loin.

 

Le Général De Villiers, chef d'état-major des armées, a reçu l'information en pleine figure, et a râlé tout haut et très fort. 

Forcément, le vrai patron, le Président, n'a pas pu ne pas entendre, et a pris mal le contournement de la voie hiérarchique. Si le Général avait quelque chose à dire, le Patron était prioritaire.

Le Patron, c'est moi, a martelé le Président au général trop bavard. Qui n'a plus d'autre choix que la fermer, rester, ou partir. L'institution présidentielle doit avoir le dernier mot. Emmanuel Macron a endossé le costume, et parlera le "président". Il n'a pas attendu aussi longtemps que son prédécesseur pour "être" le Président, ayant été témoin des effets de sa négation ou de sa dissimulation.

Comme je l'ai dit plus haut, les manipulations des lignes de crédits par les Finances sont une de nos mauvaises habitudes. Il manque toujours trois sous pour faire un franc, alors, ,les euros, c'est par six qu'il faut multiplier!

Sitôt recouverte d'un mouchoir l'intendance, un autre chapitre délicat, concernant une autre armée, celles des 36.000 communes de France, s'est ouverte bruyamment. 

Le Président a promis de supprimer la taxe d'habitaton pour un nombre sensible de contribuables, augmentant celui des exemptés de l'IRPP, qui ne la payent pas, déjà. Les maires, qui n'ont pas tous la main lourde, faute de citadins fortunés, se voient privés d'une recette essentielle, dont peu abusent, je le répète**.

Le Président a promis de compenser, euro pour euro, le manque à gagner des communes, en le prélevant dans les caisses de l'État. Qui débordent, on le sait!

Les communes, elles, ne veulent pas perdre, outre l'argent, la capacité de gérer leurs ressources, de leur élaboration, avec les représentants de la population. La décentralisation a créé des habitudes. Bonnes, ou mauvaises, c'est une autre histoire.

Gardons nos forces, notre calme, notre patience, le merdier ne comporte pas que ces deux chapitres!

Sceptique

*La pudibonderie  dès qu'il s'agit d'argent, est un fait de culture coriace. L'argent est sale, honteux, à ne pas étaler, mais aussi, ne pas offrir à la tentation. Notre histoire, rurale, monarchique et catholique, a forgé nos comportements, notre ambivalence générale à son sujet.

**Chaque niveau politique (au sens grec de gestion de la cité) se tourne vers le niveau qui le suit dans la hiérarchie. Celui-là pratique de la même manière.